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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 15:00

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai claviparlé avec le dernier des lapins BnF, le rescapé de la Grande expulsion.

 

Je travaillais tranquillement en salle O sur mon dernier billet et je m’apprêtais à faire une pause-boulot bien méritée, quand soudain un terminal de commande apparaît sur mon écran, en bas à droite, à peu près comme ça :

 

Jojo1

 

Jojo BnF : hé ! DoYou ! Tu me reçois ?

DoYouBnF : hein ? Qui c'est ?

 

Jojo : tu sais pas lire ou quoi. « Jojo BnF ». C'est mon nom de code. Tu peux m’appeler aussi Last Rabbit, pour les intimes.

DoYou : Jojo ? Mais t’es qui ? Qu’est-ce qui se passe là ?

 

Jojo : je suis le dernier des lapins BnF, mec, le dernier ! The last conejo, amigo. Je vis seul et clandestin depuis la Grande expulsion. Terré comme un rat.

DoYou: quoi ? Mais où ça ? Dans le jardin, dans l’Eden ?

 

Jojo : l’Eden, l’Eden, c'est vite dit. C'est l’enfer ici, garçon. Je suis recherché par toutes les polices de la BnF et leurs talkies-walkies. Ils savent que je suis là. Mais j’échappe, je creuse, je m’enterre et je les emmerde !

DoYou : mais comment t’as fait pour accéder à mon ordinateur ? C'est fou ce truc.

 

Jojo : fastoche. En creusant profond, je suis tombé sur le réseau informatique de l’édifice. Lapin agile, j’ai quelques notions en électronique, j’ai donc pu brancher une dérivation et relier tout ça à mon netbook. Du coup, j’étudie les flux de données depuis longtemps maintenant, et j’ai bien vu ton p’tit manège, là, ton blog, les posts envoyés depuis ta place, tout ça.

DoYou : tu veux dire que tu sais qui je suis ?

 

Jojo BnF : pas vraiment, non, mais je sais que tu existes. Fais gaffe d’ailleurs, Dieu BnF te regarde, lui aussi. Et si tu continues, déchéance de carte BnF garantie, gars, comme pour les miens.

DoYou : les tiens ? Mais qu’est-ce qu’il leur est arrivé ?

 

Jojo : une histoire moche. C'est arrivé sans qu’on s’y attende. Badaboum. Un jour, Dieu BnF a décidé de déchoir de l’Edénité un des nôtres, sous prétexte qu’il avait attaqué un des gardiens. Bon, ok, j’avoue que c'était pas très beau à voir. Mais le lapin en question, il était barge, on le savait bien, nous. D’ailleurs, on l’avait enfermé mais il s’est échappé et faut bien reconnaître qu’il a fait une grosse connerie. Tiens, si tu veux, j’ai retrouvé dans le réseau des caméras de surveillance la vidéo de l’attaque.

Et ça a été le début de tout. Après ça, il a déchu un par un tous les lapins qui avaient un jour fait des conneries dans le jardin : les excités d’abord, tu comprends, c'était facile, personne n’a rien dit ; puis ceux qui dealaient du jus de carotte, sous prétexte que c’était un monopole du Café des temps ; puis ceux qui demandaient les livres interdits, les livres de l’Enfer ou, pire encore, les livres sur les dysfonctionnements de la BnF, ouais, ceux des fonds surveillés ; après ça, ceux qui tentaient d’entrer en contact avec l’extérieur, avec vous autres quoi ; et puis finalement leurs parents, pour leur apprendre à toucher des allocs pour truands ; et puis aussi les frères et sœurs, on sait jamais ; et puis, un jour, tout le monde y est passé d’un coup. Une nuit, on a vu débarquer la brigade des pompiers sapeurs de la BnF au grand complet,  et ils les ont tous ramassés. Tous ! Une vraie lapinade. Je sais pas encore comment j’ai pu échapper à ce truc, un miracle…mais je les ai tous vus se faire emmener. J’en tremble encore.

DoYou : eh bè boudu con ! Horrible. Et depuis, quoi ? Tu vis tout seul ?

 

Jojo : ouais, je me suis terré, j’ai creusé des galeries, et je me planque, surveillant les allées et venues des sbires, sortant la nuit. Heureusement, je suis branché sur le réseau de surveillance, je vois tout ce qu’ils font. Je m’adapte.

DoYou : mais pourquoi est-ce qu’ils te cherchent ? Pourquoi l’expulsion ?

 

Jojo : des fous, je te dis. Des lapins dans le jardin, ça faisait désordre. Et puis, on faisait ce qui nous chantait, on distrayait les chercheurs, on bouffait ce qu’on voulait, on replantait comme on voulait…le Rez-de-Jardin était devenu incontrôlable, donc Dieu BnF pas content. Alors il a sévi. Tout le monde dehors ! Mais je suis toujours là, moi. Et maintenant, j’ai besoin de toi.

DoYou : de moi ? Pourquoi faire ? Quoi ? Tu vas me sortir de la matrice ?

 

Jojo : mais arrête de fumer, DoYou ! Non, il faut que tu m’aides pour de vrai, tu dois être ma voix, la parole des lapins au-dehors, enfin, du lapin. J’ai besoin de toi mec.

DoYou : mais qu’est-ce que je peux faire ? Dis-moi et j’essaierai…

 

Jojo : tu vas comprendre. J’ai décid…STOP ! non, attends, attends, plus tard, vite, faut que j’y aille, je crois que j’ai été repéré. Je te recontacterai…

DoYou : attends ! Hé ! Jojo ! JOJO !

 

 

Troublé, effrayé, je suis resté longtemps devant la console, mais rien n’est venu. J’attends encore. Jojo, si tu m’entends, j’espère que tu vas bien. Je suis là. J’attends.

 

[A suivre]

 

 

 

 

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Published by Do you BnF ? - dans Jojo
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La vie à la Bibliothèque nationale de France (BnF) vue par des résidents permanents du Rez-de-Jardin

Rien à voir, ou presque