22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 18:05

 

 

Aujourd’hui à la BnF…

 

Comme Jojo l’avait remarqué dans le dernier post (à sa manière toujours un peu à côté de la plaque et décalée, mais c’est pour ça aussi qu’on l’aime, quand même, le Jojo), la fin 2012 m’a vu disparaître un moment, histoire d’assurer sereinement la transition entre le DoyouBnF thésard et le Doyou post-thésard.

 

Check. Ça, c’est fait.

 

 

Je suis désormais revenu hanter les couloirs du Rez-de-Jardin, par ce mois de janvier neigeux de l’année 2013, première année sans thèse depuis plus d’un lustre (à l’époque révolue où j’ai commencé ma thèse, Jacques Chirac était encore président  ; Ben Ali aussi ; je ne savais pas qui était Barack Obama ; Zidane jouait toujours de la tête ; Nicolas Demorand me réveillait le matin (et il était pote avec Stéphane Guillon) ; et MegaUpload m’endormait le soir). Bref, c’était une autre époque.

 

Mais la BnF était déjà là, elle, avec ses routines que je retrouve toujours avec délice.

 

Pour fêter cette permanence de notre Alma mater et de nos repères en Rez-de-Jardin, j’ai pris la ferme et solennelle décision de ne pas prendre les dix bonnes résolutions suivantes pour 2013, qui auraient pu introduire un quelconque changement dans mes habitudes bien ancrées :

 

1. Manger moins (de menus Trio).

Seriously ? – comme on dit dans les séries US. Mais c’est trop dur ! Quelle motivation resterait-il à venir en BnF avant 14h du mat’, si ce n’était pour les promesses toujours tenues de l’indéboulonnable Menu Trio : son sandwich italien à la mozzarella jaune (exclusivité mondiale du Café des Temps, que tous les cafés de gare nous envient) ; ses salades aux feuilles presque fraîches ou aux pâtes bien trop cuites ; les poivrons rouges-jaunes-rouges de la salade espagnole (le sens du détail) ; l’ascétisme légendaire de sa salade gourmande (recommandé pour les régimes détox d’après-fêtes) ; le müsli pilé-comme-à-la-maison de ses compotes, servi à part dans son pilulier en plastique ; la teneur en sel de son saumon fumé ou de ses soupes à croûtons, digne de la mer Morte. Se passer de tout ça et faire soi-même ses tupperwares ? Impossible.

 

2. Arrêter de boire (pour éviter d’aller aux toilettes).

La raison voudrait en effet que tout lecteur sensé du Rez-de-Jardin s’abstînt d’ingérer trop de liquide dans la journée, pour éviter les déplacements de vingt minutes aux toilettes, qui peuvent vous faire rater une deadline pour un article, à force de répétition. Mais le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas, et pour ma part je m’imbibe déjà d’au moins un litre par jour rien qu’en café. Alors plutôt que de mourir de soif ou de m’endormir sur ma table, filet de bave compris, je militerai à l’avenir pour un accès privilégié des lecteurs de ce blog aux toilettes du personnel, derrière les banques de lecture.

 

3. Courir (pour arriver le matin avant que le vestiaire Ouest n’affiche complet).

Vous l’aurez noté (ou pas), la BnF a décidé de devenir en partie une succursale du MK2 et, pendant les travaux, de fermer l’entrée Est. Mais pas son vestiaire ! Avec un peu de chance, si vous n’êtes pas là avant midi, vous trouverez le vestiaire Ouest fermé (complet) et vous devrez vous rabattre gaiement sur le vestiaire Est, quitte à revenir ensuite en salle W. Il peut donc arriver que vous fassiez trois fois la BnF dans sa longueur avant d’arriver à votre place le matin. C'est la contribution spéciale de la BnF et de Bruno Racine au programme "Manger Bouger" du Ministère de la Santé, notamment son volet "30 minutes de marche quotidienne". Sympa. (Des précisions dans un prochain billet).

 

4. Ne plus sortir le soir (à 20h) : c’est vrai que sortir à 18h30 de temps en temps, ça fait du bien, on va pas le nier. Mais bordel, 20h, c’est quand même le pied ! Voilà bien un des rares moments de communion collective en BnF, quand tout le monde se retrouve à la queue leu leu devant le vestiaire, à attendre sagement pour reprendre ses affaires. Elle est pas belle la sortie d’usine des travailleurs du Rez-de-Jardin ? C’est dur d’y renoncer, surtout quand on a passé la moitié de l’après-midi à digérer son Menu Trio et qu’on commence à peine à retrouver un semblant de productivité vers 17h30…

 

5. Travailler plus (encore un peu plus).

Sans commentaire. Vue la non-résolution précédente, je dis que je vois vraiment pas comment c’est possible. Ou pour le dire en des termes plus clairs : **montez le son et cliquez ici**

 

 

6. Gagner plus (de points pour ma Golden BnF Card).

J’ai beau m’évertuer depuis cinq ans, je dois me rendre à l'évidence : je n'y arriverai jamais. Les conditions sont trop drastiques (et pourtant, c’est moi qui les ai fixées). Je ne vois qu’une seule solution pour contourner cette sixième non-résolution : militer d’arrache-pied pour la mise en place par le service des lecteurs d’une Silver BnF Card, un peu moins dure à obtenir que la Golden, mais qui permettrait quand même de récompenser les assidus non obsessionnels (il y en a).

 

7. Avoir la foi (en son voisin d’en face et croire qu’un jour - oui, un jour - il ne s’attribuera plus d’office et unilatéralement l’unique câble internet pour toute la journée).

C’est peine perdue. Autant je crois en l’Homme, autant je ne crois plus, depuis longtemps, en mon voisin d’en face du Rez-de-Jardin. Certes, ce n’est pas tout à fait sa faute : si toutes les places étaient dotées d’un câble internet, comme cela arrive dans certaines salles (mais ces places sont les plus chères dans la lutte des places), il y aurait moins de tensions fratricides en salles de lecture. Mais dans les conditions actuelles, c’en est fini pour moi de tendre l’autre joue en 2013. Maintenant, je riposte. Maintenant, ça va chier !.

 

8. Obéir (quand on me demande de ne pas manger sur les marches du Café des temps).

Jamais ! Primo, si Dieu BnF (aka Dominique Perrault) avait voulu que l’on mangeât à l’intérieur des clubs et cafés, il n’aurait pas engendré qu’une poignée de petits-tabourets-qui-tournent-sur-place-mais-qui-sont-cloués-au-sol-pour-pas-que-tu-les-bouges-pour-manger-avec-tes-potes. Ce qui fait qu’à la BnF, t’es limité à deux amis maximum pour manger. Deuxio, j’arrêterai de manger sur les marches du Café des temps quand le jardin central sera ouvert aux lecteurs et qu’on pourra y sortir pique-niquer. Troisio, et c’est une condition sine qua non, j’arrêterai de manger ad libitum sur les marches quand les souris arrêteront de se balader ad nauseam à l’intérieur même du Café des temps, comme j’ai pu le constater plusieurs fois de visu, ruinant de facto et a fortiori l’argument ad hoc selon lequel manger in situ sur les marches est a priori la raison pour laquelle les souris prolifèrent intra muros en Rez-de-Jardin. Ita missa est.

 

9. M’habiller convenablement (et ne pas mettre, par exemple, de tongs en été).

Cela non plus, je ne peux m’y résoudre. Qui chantera un jour les plaisirs podotactiles de la moquette rouge écureuil qu’on caresse de ses orteils, l’été, quand dehors il fait chaud ? Quelle chaussure de ville parviendra à imiter d’assez près le flip-flap des tongs légères qu’on promène sur le parvis, pour me convaincre d’abandonner ce moyen de transport pédestre estival ? Bref, mes tongs, j’y tiens, je les garde.

 

10. Ecrire (un post par jour) ou arrêter ce blog (à jamais).

Alternative douloureuse, à laquelle, là non plus, je ne céderai pas. Un billet par jour ? Come on ! Je l’ai fait à une époque, mais j’étais jeune et fou. Il faut manger maintenant, et aux dernières nouvelles, ce blog ne nourrit pas son Doyou. Mais l’arrêter pour autant ? Ce serait comme arrêter la BnF. Inimaginable.

 

Et il reste tant de choses à dire sur notre antre commun…

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Published by Do you BnF ? - dans Do you
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