22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 14:28

 

Salut à toi, ô Lecteur trop longtemps dédaigné.

 

Que ce mois d'août qui s'achève, en BnF ou ailleurs, te soit doux et tranquille.

 

Ta perspicacité légendaire t'aura permis de le noter : cela fait très exactement 4 ans, 1 mois et 14 jours que j'étais parti hanté d'autres espaces (virtuels et physiques), dans l'espoir de m'arracher, peut-être, aux joies pourtant inoxydables de notre Rez-de-Jardin sempiternel.

 

Que d'eau ! que de caractères ! que de grains de sable ! ont coulé depuis lors sous les ponts, sur les claviers et dans les sabliers du temps qui passe et jamais plus ne revient. Et pourtant, en un sens, me voici revenu à la case départ. En cette salle W du Rez-de-Jardin, par un joli jour d'août, à écrire sans les connaître à mes voisins de table et de destin - à vous, chers chercheurs pâles de l'été souterrain, chers travailleurs de l'espace-sens, à la paupière lourde et à l'esprit toujours en éveil.

 

Je ne te raconterai pas (tout de suite) ce qui s'est passé dehors durant ces quatre années, lentes et brèves, tristes et joyeuses, étranges et familières. Je ne te dirai pas les longues journées loin de l'Alma mATER, à tenter d'essayer de m'ingénier encore, ni les essais avortés de politicaillerie. Je te cacherai, provisoirement, les moments de doute, car ils ne sont pas beau à voir, comme les moments d'allégresse, car ils sont trop à moi.

 

Et cependant, une chose est sûre : je suis parti (voir ailleurs), j'ai vu (ce qui s'y faisait) et je suis revenu (vers la BnF, vers l'Université). Car, on aura beau dire, on est bien ici. Malgré tout.

Alors aujourd'hui, tel un Robinson sur son île esseulé, je scrute l'horizon à facettes du jardin-dans-sa-prison-de-verre, exposé au soleil rare de cet août parisien, et je me pose deux questions, dont l'une au moins te concerne : 

- Où es-tu Jojo ? M'aurais-tu abandonné ? Reviendras-tu hanter ces pages avec moi ?

- Où êtes-vous lecteurs ? Et où prévoyez-vous d'aller pour la fermeture annuelle ?

 

Mais surtout, surtout, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de ce blog, commencé par le doctorant-permanent du Rez-de-Jardin que je fus jadis. Car bien des choses ont changé, depuis. J'ai fini ma thèse, par exemple (avant qu'elle ne me finisse). J'ai aussi fini par déroger (après beaucoup d'acharnement) à la règle de vie professionnelle que je m'étais moi-même fixé. Car, oui, DoyouBnF a aujourd'hui sa place au chaud à la fac, contre toute attente, il y a même un bureau (partagé), et il y est bien content.

 

Alors, si vous le voulez bien, je propose de remplacer pour l'avenir la question au frontispice de ce blog - "Do you BnF ?" - par une nouvelle interrogation, beaucoup plus générale et qu'il ne tiendra qu'à nous d'examiner sous toutes ses coutures : "Où va la Fac ?" ou plutôt, par amour du parallélisme des formes  :

"Do you Fac ?"

 

 

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Published by Do you BnF ? - dans Do you Fac
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