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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 14:40

Règle n°4. Essayez de manger à plusieurs, ça facilite la digestion.

 

Je sais, ce n’est pas forcément évident de se faire des amis en Rez-de-Jardin. Le moindre regard échangé, même le plus innocent, semble inévitablement provoquer chez ton voisin une situation de détresse apoplexique face à cette intrusion saugrenue dans la bulle du chercheur qui pense et qui rédige. Tu as donc renoncé à toute tentative, si timide soit elle, d’intersubjectivité. On comprend donc l’intérêt incalculable d'une mise en place rapide de l’innovation Meetic BnF dont nous parlions l’autre jour. Mais comme ce n'est pas pour demain, il te faut agir en attendant, ce qui veut dire : soit convaincre le plus grand nombre possible de tes amis de commencer, enfin, une thèse - comme toi c'est génial non? - pour qu’ils puissent t’accompagner dans tes pérégrinations BnF ; soit trouver un moyen, n’importe lequel, de remplir les deux tabourets toujours vides autour de ta table du Café des Temps.

 

Pour t’aider dans ta quête, je t’ai composé une petite chanson qui te permettra de faire connaître à la cantonade, et tout à fait subtilement, ton désir de reconnaissance amicale et ta volonté de savourer ton menu trio en bonne compagnie. A chanter, accompagné d’une guitare, devant les marches au soleil de la salle X ou en circulant dans le Café des Temps :

 

 

Les copains d’abord

(Version librement adaptée de celle du grand Georges, en écoute à la fin)

 

Non, ce n’était pas le resto

De Paul Bocuse, ce bistrot,

Mais il servait de réconfort

V de réconfort !

A nous autres, pauvres thésards

Cherchant sans arrêt, au hasard,

Pour manger, des copains d’abord

Des copains d’abord.

 

La thèse, bordel, que c'est dur

Et puis c'est chiant à l'écriture,

J’en peux vraiment plus, je m’endors

Ment plus je m’endors !

Il me faut un Menu Trio

Arrosé d’un Coca Zéro,

Et parler aux copains d’abord

Aux copains d’abord.

 

Des copains, ça c'est pas du luxe,
ça me changera de Linux,

Et ça m’fera tenir encore

Râaah tenir encore !

Le Rez-d’Jardin, c'est pas une vie
Si t’as pas quelques bons amis

Pour t’éviter de perdre le nord
Des copains d'abord.

On prend tous le même Menu,

C'est devenu un habitus,

Il paraît que ça rend plus fort,

Que ça rend plus fort !

C'est le repas des bons amis

Qui aiment se tenir compagnie,

Plus qu'un menu, c'est le mentor

Des copains d’abord

 

Au moindre coup de gros cafard,

Quand on se sent un peu blafard,

On va au Café des Temps morts

Café des Temps morts !

Mais pour surmonter les faiblesses,

Rien d’tel qu’un bon coup d’pied aux fesses

Donné par tes copains d’abord

Tes copains d’abord.

 

Et même si dans le jardin,

Il n’y a presque plus de lapins,
Jojo est là, toujours à bord,

Nous on l’aime encor’ !

Les pompiers ne l’auront jamais

Ou faudra tout napalmiser

Et personne ne sera d’accord

Les copains d'abord.

 

Des biblis, j’en ai vu beaucoup :

Ya qu’ici qu’on peut boire un coup

En se tapant un magnum d’or

Pan un magnum d’or !

C'est pour ça que nous, les thésards,

On aime manger en plein cagnard

Sur les marches en riant très fort :

Les copains d’abord !


Des biblis, j’en ai vu beaucoup :

Ya qu’ici qu’on peut boire un coup

En se tapant un magnum d’or

Pan un magnum d’or !

C'est pour ça que nous, les thésards,

On aime manger en plein cagnard

Sur les marches en riant très fort :

Les copains d’abord !

 

 

 

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 16:55

 

Règle n°3. Initiez-vous aux mystères du Café des Temps.

 

Quelques précisions nécessaires au seuil de ma déclaration d’amour aveugle :

- non, je ne suis pas le directeur du Café des Temps ;

- non, je ne suis pas un employé du Café des Temps ;

- non, je ne suis pas non plus Jérôme Kerviel spéculant à la hausse sur la valeur boursière d’Eliance, la société prestataire du Café des Temps ;

- et non, ce blog ne perçoit aucun revenu publicitaire occulte (mais je devrais peut-être le leur proposer, chez Eliance).

 

La conscience tranquille, je peux donc entonner mon péan.

 

Mais tout d’abord, un peu d’étymologie propédeutique à l’attention de nos amis novices, les aspirants rez-de-jardiniers. D’où vient donc cet élégant patronyme de « Café des Temps », que vous me verrez systématiquement, pour ma part, compléter en « Café des Temps perdus », vu le temps que j’y passe à tremper mes madeleines dans des cafés très rallongés ? Très facile, pour quiconque a déjà pris la peine de consulter la maquette de notre dieu BnF : le Café des Temps est l'originalement nommé café situé dans le Club des Temps au pied de la Tour des Temps, ouvert tout le temps (sauf le lundi). Pour ceux qui auraient encore un doute, je les invite à consulter le plan du Rez-de-Jardin.

 

Ce point délicat étant réglé, ma mission consiste à présent à te convaincre de délaisser tout autre mode d’alimentation en Rez-de-Jardin pour me rejoindre, tous les jours à 13h précises, dans cet asile à pitance, non pas parce qu’on y mangerait mieux qu’ailleurs (faut quand même pas déconner), mais parce que j’ai parié avec un ami que la file d’attente arriverait un jour à toucher le mur du fond, et ce avant la fermeture annuelle du 6 septembre. Courage donc, tous ensemble, on peut y arriver.

 

Listons un à un les arguments inattaquables qui prêchent en faveur du lieu.

 

Le Café des Temps est indubitablement pratique. Fini, le sac plastique ou en carton chèrement acheté à l’extérieur, contenant ton mini-repas en –i, Exki, Franprix ou Monoprix, que tu ingurgites sans y penser en parlant de ta troisième partie. Fini le tupperware mal lavé que tu te trimballes toute la journée, contenant tes salades immuables faites en vitesse et qui, jamais, ne te sustentent vraiment jusqu’au soir.

Finis ces embarras. Le Café des Temps, c'est le kit mains-libres de la bouffe BnF. Le Sans-Souci de la restauration rapide. Mains dans les poches, sifflotant en sourdine, tu remontes toute l’aile sud depuis ta salle R, choisie expressément en raison de son éloignement géographique maximal par rapport au Café : en dromomane gourmand, tu ne peux te passer du plaisir discret de marcher le plus longtemps possible sans pique-nique à transporter, avant d’arriver enfin à destination pour commander ton repas. Extatique. Surtout si tu as pensé aussi à acheter un cadenas d’ordi qui te déleste en sus du poids de ton netbook.

 

Le Café des Temps est indubitablement convivial. D’abord, c'est le seul endroit en Rez-de-Jardin où tu peux parler sans chuchoter (procédé qui a la double et fâcheuse conséquence de projeter dix postillons à la minute sur ton interlocuteur, tout en l’empêchant de comprendre un traître mot à ton discours). Certes, tu peux aussi parler dans les autres « Clubs » ou dans les halls d’accueil qui mènent aux toilettes, mais ta voix doit alors parcourir d'abord verticalement cinquante-deux mètres de hauteur de plafond avant de parvenir aux oreilles de ton interlocuteur (et de tout autre être vivant dans un rayon de trente mètres), amplifiée et déformée par le volume d’air afférent. Non, dans le Café des Temps, tu peux parler normalement.

Tu peux aussi t’asseoir sur de beaux tabourets rotativement immobiles, vissés par trois sur le sol autour de belles tables rondes et fixes, elles aussi, pour éviter que tu n’en emportes dans ton cabas en partant.

Et puis, surtout, tu peux prendre ton temps, au Café des Temps : les trente-cinq minutes de file d’attente règlementaires te fournissent un prétexte parfait pour étirer au maximum ta pause de midi. Tu as tout le temps de détailler avec tes amis toutes les aventures étonnantes qui te sont arrivées depuis hier soir. Sache, par ailleurs, que c'est dans les files d'attente du Café des Temps qu'on a inventé le slow food.

 

Le Café des Temps est indubitablement ludique. Il y a plein de jeux pour te distraire au Café des Temps et y passer encore plus de temps :  

- des jeux multijoueurs en réseau : le plus couru en ce moment consiste à tenter de rendre fou le personnel du Café, pourtant si affable et efficace, en synchronisant au maximum les heures de repas (13h) et de goûter (17h) de tous les lecteurs du Rez-de-Jardin, pour essayer de faire sauter la banque (inscriptions sur www.panurge.bnf).

- des jeux d’adresse : essayer d’empiler en moins de dix secondes les tasses de café sur la desserte-poubelle sans rien faire tomber. Tu verras, c'est drôle.

- des jeux de patience : pourvu dans chaque main d’un plateau sur lequel sont disposées cinq tasses de café remplies, essayer d’ouvrir la porte d’entrée de quatre-vingt kg sans rien renverser (oui, le truc, tu as compris, c'est d’attendre qu’un(e) congénère serviable te tienne la porte : avec un peu de chance, tout ça se finit en double-place Meetic BnF).

 

Le Café des Temps est indubitablement sacré. Situé si près de l’Eden, il ne pouvait pas déroger à la règle numérologique de la Trinité : trois tabourets par table (le chercheur ne se déplace que par phratries de trois, c'est bien connu), le Café des trois Temps (avant de commencer ta partie, pendant la rédaction, après le point final) te propose son repas sacré : le MENU TRIO. Ô Trio hypostatique ! Ô Triple plaisir immarcescible et toujours renouvelé ! Que ferais-je sans toi ? Ta formule magique tripartite autorise les combinaisons les plus audacieuses, les mélanges les plus évocateurs : salade Aoste / cookie blanc / Aquarelle ? Maraîcher / fromage blanc café-brownie / Coca Zéro ? Club tapenade-feta / compote pomme-fraise / San Pé' ? Mais tu en veux davantage, je le sens, tu n'es pas convaincu. Tâte donc de ses mini-cannelés patentés, de ses magnums et cornetti pour le goûter, de son riche assortiment de thés Richard pour la modique somme de 2,20 euros le sachet trois-feuilles.

 

C'est beau, non ? C'est fort.

 

Alors bien sûr, j’en entends déjà, parmi vous, qui font la fine bouche, quelques misologues toujours prêts à se plaindre. Jamais contents, les intellectuels. Mais ça se règle vite, ces histoires : le contrat du prestataire actuel s’achevant en décembre, il ne tient qu’à vous de répondre à l’appel d’offres, qui sera publié sous peu, et de nous proposer mieux. Je soutiendrai publiquement et sans réserve toute initiative visant à installer le premier Café des Temps autogéré.

 

En attendant, moi, j’assume. Et je suis prêt à me soumettre tous les jours à l’ordalie de la salade de saumon pas fraîche, car j’ai foi en mon Menu Trio. Et puis, il faut bien mourir de quelque chose.

 

[A suivre]

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 11:01

Une « semaine BnF de la gastronomie » ne serait pas vraiment complète sans l'évocation enchanteresse, en guise d'intermède, de nos précieux annonciateurs de ripaille, j’ai nommé les borborygmes et leurs charmes sonores.


Les borborygmes, on le sait, ont depuis longtemps acquis leur lettres littéraires de noblesse, grâce à mon maître Albert Cohen. Extrait :

 

« Tu es belle, lui dit-il. Viens sur mes genoux. »

Elle obéit avec empressement, mit sa joue en position amoureuse. Hélas, un borborygme s’éleva avec des volutes de contrebasse, mourut soudain, et elle toussa pour le détruire et l’embrouiller rétroactivement par un bruit antagoniste. Il lui baisa la joue pour faire atmosphère naturelle et adoucir cette humiliation. Mais aussitôt, majestueux, un autre borborygme retentit qu’elle camoufla en se raclant la gorge. Contre un troisième, d’abord caverneux, puis mignon et ruisselet, elle lutta en appuyant sa main subrepticement mais fort, afin de le comprimer et réduire, mais en vain. Un quatrième survint en mineur, triste et subtil. Plaçant tout son espoir en un changement de position, elle s’assit sur le fauteuil en face et dit à très haute voix qu’il faisait beau. [...] un nouveau borborygme s’éleva, un beau borborygme, très réussi, élancé et divers, tout en spirales et fioritures, pareil à un chapiteau corinthien. Ensuite, il y en eut plusieurs à la fois, dans le genre grandes orgues, avec basson, bombarde, cor anglais, flageolet, cornemuse et clarinette. Alors, de guerre lasse, elle dit qu’il lui fallait s’occuper du dîner.(Belle du Seigneur, p. 825-826)

 

Comme Ariane, avoue-le, tu es sans doute toi aussi honteux de ces prudes et vibrantes danses du ventre lorsqu’elles te surprennent en Rez-de-Jardin, alors pourtant qu’elles sont notre bien commun le mieux partagé, notre langage universel. Oui, je l’affirme : j'adore ces francs et innocents gargouillis, et je les guette, tendrement, chez chacun de mes voisins. Ô compagnon de tablée, jamais tu n'es plus proche de moi que dans ton borborygme. Mon semblable, mon frère, te voilà comme moi, animal glougloutant ! Du borborygme je fais un cri d’amour et ralliement : BnF ! BnF ! les Borborygmes nous Fédèrent !

 

Beaux borborygmes arythmiques. Sois-leur très attentif, camarade, et respecte-les bien, oui, même chez les autres : ils sont le cri primordial le plus proche de l’Eden. Ils sont ce qui suscite les processions sacrées et multitudinaires du Café des temps perdus, entre midi et quatorze heures. Ou bien, c'est vrai aussi, les signes annonciateurs d'une après-midi cahoteuse : finalement la salade de pâtes / oeuf poché / saumon fumé n'était peut-être pas très fraîche aujourd'hui…

 

A demain pour l'épisode 3 de notre semaine BnF de la gastronomie.


NB : pour les incurables érudits avides de savoir, je vous invite à consulter l'ouvrage délicieux de Frantz Glénard sur Les Ptoses viscérales (1899), un petit bijou de Gallica. Car n'oublie jamais, gargouilleur, que le borborygme est un glouglou qui provient de ton hypochondre gauche (p.91). Et quoiqu'en dise notre ami Frantz, il n'est en rien "exclusif à la femme"! 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 16:50

Règle n°2. Réduisez au minimum l’auto-alimentation.

 

Dans la grande aventure évolutionniste des chercheurs (de pitance) du Rez-de-Jardin, la sélection naturelle a progressivement dégagé, par décantation, une deuxième phase importante : celle de l’auto-alimentation du monosapiens BnFensis.

 

Les monosapiens survivants, ayant tiré la leçon des mésaventures de leurs congénères chasseurs-cueilleurs de l’extérieur (voir l’épisode précédent), ont appris à se prémunir contre les aléas de l’Exki et du parvis en se préparant à l’avance, dans leur grotte d’étudiant, de succulents petits encas pour leur pause de midi. Dotés de magnifiques tupperwares chamarrés, ils ont décidé de se prendre en main et d’accéder à l’autosuffisance alimentaire. Super.

 

Seulement voilà, comme toute bonne résolution de thésard volontaire, cette autonomie chèrement conquise connaît un phénomène de délitement progressif qui mène, inéluctablement, à la catastrophe. Description en trois temps.

 

 

Premier temps : l’euphorie.


« Génial, ces nouveaux tupperwares du Monop’ ! ça va me changer des fougasses ». Enthousiaste, notre doctorant vient de modifier ses priorités pour l’été : le colloque à Baden-Baden de septembre passe au second plan, il va dorénavant se consacrer à l’obtention de sa première étoile au Michelin BnF.

 

Tout d’abord, le plan d’attaque. Cinq repas par semaine à prévoir, ça devrait le faire (le lundi midi, le Rez-de-Jardin n’ouvrant qu’à 14h, on reste sur les pâtes) :

 

Mardi, salade de concombre et gambas aux pistaches du Brésil, accompagnée d’un litre de jus d’orange pressé le matin même.

 

Mercredi, pain bagnat aux tomates séchées de Campanie, feta d’Illyrie et huile de l’Alentejo, pour un sandwich européen, ô  joie, arrosé d’un smoothie kiwi-groseille-goyave, mixé avant de partir ;

 

Jeudi, salade de pâtes extra fraîche, et pas des Panzani, s’il vous-plaît, avec basilic du balcon,  mozzarella di Buffala, pommes d’amour cœur de pigeon coupées en trois, et une eau gazeuse de Gaspésie par dessus ;

 

Vendredi, mini-cakes aux lardons grillés et pruneaux d’Agen dénoyautés, une petite mâche de Rotterdam pour l’alibi fraîcheur et un Perrier, tout simple ;

 

Et samedi, on se lâche, c'est le week-end : calzone maison, façon Regina, mini-moelleux fondant au chocolat colombien avec, dans le thermo, une portion de granité de gazpacho préparé hier soir et passé au freezer dans la nuit.

 

Tout simple.

 

 

Deuxième temps : la routine.

 

Une fois le menu établi, il changera peu. L’agenda hebdomadaire de notre doctorant est fixé :

 

Dimanche

dodo ; coquillettes jambon ; boulot ; sieste ; série ; mails ; re-pâtes ; boulot ; dodo.

 

Lundi

radio ; douche ; paperasse ; mails ; courses pour la semaine ; pâtes ; métro ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer la salade de concombre et gambas aux pistaches du Brésil ; boulot ; dodo.

 

Mardi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; salade de concombre et gambas aux pistaches du Brésil ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer le pain bagnat aux tomates séchées de Campanie, feta d’Illyrie  et huile de l’Alentejo ; boulot ; dodo

 

Mercredi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; pain bagnat aux tomates séchées de Campanie, feta d’Illyrie et huile de l’Alentejo ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer la salade de pâtes extra fraîche avec basilic du balcon, mozzarella di Buffala, pommes d’amour cœur de pigeon coupées en trois ; boulot ; dodo.

 

Jeudi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; salade de pâtes extra fraîche avec basilic du balcon, mozzarella di Buffala, pommes d’amour cœur de pigeon coupées en trois ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer les mini-cakes aux lardons grillés et pruneaux d’Agen dénoyautés, une petite mâche de Rotterdam pour l’alibi fraîcheur ; boulot ; dodo.

 

Vendredi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; mini-cakes aux lardons grillés et pruneaux d’Agen dénoyautés, une petite mâche de Rotterdam pour l’alibi fraîcheur ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer le calzone maison façon Regina et le mini-moelleux fondant au chocolat colombien ; boulot ; dodo.

 

Samedi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; calzone maison façon Regina et le mini-moelleux fondant au chocolat colombien ; Rez-de-Jardin ; métro ; douche ; MISE DE TÊTE ; dodo.

 

Dimanche

dodo ; coquillettes jambon ; boulot ; sieste ; série ; mails ; re-pâtes ; boulot ; dodo.

 

Lundi

radio ; douche ; paperasse ; mails ; courses pour la semaine ; pâtes ; métro ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer la salade de concombre et gambas aux pistaches du Brésil ; boulot ; dodo.

 

Mardi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; salade de concombre et gambas aux pistaches du Brésil ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer le pain bagnat aux tomates séchées de Campanie, feta d’Illyrie  et huile de l’Alentejo ; boulot ; dodo

 

Mercredi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; pain bagnat aux tomates séchées de Campanie, feta d’Illyrie et huile de l’Alentejo ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer la salade de pâtes extra fraîche avec basilic du balcon, mozzarella di Buffala, pommes d’amour cœur de pigeon coupées en trois ; boulot ; dodo.

 

Jeudi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; salade de pâtes extra fraîche avec basilic du balcon, mozzarella di Buffala, pommes d’amour cœur de pigeon coupées en trois ; Rez-de-Jardin ; métro ; pâtes + ne pas oublier de préparer les mini-cakes aux lardons grillés et pruneaux d’Agen dénoyautés, une petite mâche de Rotterdam pour l’alibi fraîcheur ; boulot ; dodo.

 

Vendredi

radio ; douche ; métro ; Rez-de-Jardin ; mini-cakes aux lardons grillés et pruneaux d’Agen dénoyautés, une petite mâche de Rotterdam pour l’alibi fraîcheur ; Rez-de-Jardin…

 

Etc.

 

 

Troisième temps : l’atterrissage.

 

Après deux ou trois semaines à ce régime, agrémentées d’une éruption cutanée de stress doctoral et d’un plantage d’ordinateur qui lui fera perdre trois jours de boulot au bas mot, notre doctorant risque bien de se tenir in petto le discours suivant : « Et bordel ! J’ai encore oublié d’acheter les gambas / le concombre / la feta / la mozzarella / les œufs / le chocolat / le pain / etc. ».  

Variante : « Ouhla ! Trop à la bourre, moi. Pas le temps de faire mon calzone maison façon Regina et le mini-moelleux fondant au chocolat colombien. Tant pis, je sortirai m’acheter un truc tout à l’heure chez Exki ».

 

Résultat : soit notre ami retourne à la case départ du chasseur-cueilleur extérieur de l’épisode 1, et il y reste ; soit il se résigne à fourrer tous les matins, dans un bout de pain rassis et en deux minutes, ce qui dépasse du frigo : tranche de jambon périmé ; Vache-qui-rit-plus-du-tout ; reste des coquillettes-jambon du dimanche ; croûte de camembert. Un régal.

 

L’utilité marginale d’un encas auto-préparé est décroissante, camarade, ne l’oublie jamais. Pour manger, en Rez-de-Jardin : l’autonomie c'est bien, le Café des temps, c'est mieux.

 

[A suivre]

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 16:37

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai découvert que certains parmi vous ne connaissaient pas encore les joies du Café des temps et de sa restauration légère, rapide et riche en oligoéléments. Alors, poussé par mon sens du devoir et alarmé à l’idée que vous puissiez finir votre thèse ou votre carrière (en espérant pour les doctorants qu’ils puissent éviter de finir les deux en même temps) sans avoir jamais goûté au Menu Trio, j’ai décidé de répondre cette semaine à cette grave interrogation : où et quoi manger à la BnF ? Vu l’importance du sujet, j’ouvre par ce billet la première "Semaine BnF" qui nous permettra, je l'espère, de faire le tour de la question d’ici vendredi. Premier épisode.

 

Se nourrir en Rez-de-Jardin est un exercice délicat. Il demande de l’expérience, un certain savoir-faire et, il faut bien le dire, un peu de chance. Voici quelques règles simples, à suivre à tout prix pour éviter l’anémie ou, pire encore, le dernier Kit-Kat avarié de la machine du Club des lettres.

 

Règle n°1. Ne comptez jamais sur le ravitaillement extérieur.

 

On connaît le réflexe, d’une ingénuité touchante mais malheureusement fatale, du débutant : « Ouhla ! Trop à la bourre, moi, j’ai ma place en or qui se périme dans cinq minutes. Pas le temps de passer au Franprix. Tant pis, je sortirai m’acheter un truc tout à l’heure ».

 

Erreur mortelle.

 

Tout à l’heure, à 12h45, quand notre doctorant affamé voudra sortir se sustenter, il découvrira, dépité:

 

1 / qu’il aurait mieux fait, ce matin, de ne pas commander les 14 tomes de l’Encyclopédie Panckoucke nécessaires à la vérification de sa note 237, p. 87 : il va falloir tout mettre de côté avant d’espérer sortir du Rez-de-Jardin, le tout dans un vacarme borborygmique audible depuis la salle O (notre ami étant aujourd'hui en salle K);

 

2 / qu’il aurait mieux fait, ce matin, de ne pas perdre sa carte BnF qu’il ne retrouve plus mais où elle est bordel je l’ai quand même pas laissée tomber dans les chiottes à moins que putain j’ai vraiment trop la dalle mais où elle est bordel ;

 

3 / que deux heures de sortie temporaire maximum, ça paraît beaucoup comme ça, mais ça passe vraiment très vite : après avoir fait quatre fois le tour du Monoprix, il se décide, enfin, pour une mini-fougasse thym / olives / gruyère de Provence à 5,35 euros (il a bien tenté le "Exki" auparavant, mais bon, la saladette de 25 gr aux lentilles du Puy / lard de Bretagne / Vinaigre de Californie à 8 euros, comment dire...). Mais notre explorateur de l’inconnu a oublié de compter les quarante-cinq minutes d’attente nécessaire en caisse et surtout la rencontre, sur le parvis, de son directeur de thèse, rencontre ô combien inopinée vu que le directeur susmentionné ne met les pieds à la BnF qu’une fois par décennie depuis qu’il a un CDI de l'Education nationale.

 

Résultat : notre doctorant affamé, qui vient de découvrir que son plan de thèse était certes pas mal mais qu’un petit lifting de rentrée s’imposait, n’a toujours rien avalé lorsqu’il s’élance sur le parvis dans une course désespérée pour tenter de ne pas dépasser les deux heures de sortie temporaire réglementaires. Trois glissades et une cheville foulée plus tard, notre doctorant au ventre creux arrive en banque d’accueil où son destin, hésitant, a le choix entre deux options :

 

1 / il est arrivé à l’heure, alléluia, mais on lui confisque sa fougasse à la banque d’accueil : le preux doctorant meurt d’inanition avant d’arriver au Café des temps ;

 

2/ il est en retard, il vient de perdre sa place en or, ses 14 volumes et peut-être son netbook, mais heureusement il a sa fougasse au gruyère frelaté avec laquelle il se console en pleurant dans les toilettes.

 

Le Rez-de-Jardin est un combat en autarcie, camarade, ne l'oublie pas : n’y descends jamais sans plan de ravitaillement minutieusement préparé et oublie l'extérieur, tu ne peux compter que sur toi-même.

 

[A suivre]

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Description

La vie à la Bibliothèque nationale de France (BnF) vue par des résidents permanents du Rez-de-Jardin

Rien à voir, ou presque