Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 15:36

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai découvert que nous étions une grande démocratie. Et comme toutes les autres, elle a ses représentants et son taux d’abstention record.

 

Les élections pour le renouvellement des représentants des usagers au Conseil d’administration de la BnF ont eu lieu du 17 mai au 15 juin derniers. Si, si, c'est vrai. Et pourtant, tout comme moi, vous n’êtes pas allés voter, petits cyniques. Ou plutôt si, sur les 17428 possesseurs d’une carte Rez-de-Jardin, 99 lecteurs vigilants se sont déplacés (dont un courageux pour voter blanc), ce qui fait un taux d’abstention d’à peine 99,43 %. Bravo, c'est encore pire qu’une élection européenne en Pologne.

Et encore, je jette un voile pudique sur le Haut-de-Jardin, où 6 farfelus extravagants sont tout de même allés voter sur 26 829 inscrits, pour un candidat en lice.

 

Nous avons donc aujourd'hui, en Rez-de-Jardin, un représentant élu (et avec 60 voix quand même !) pour un nouveau mandat de trois ans (puisqu’il était déjà titulaire du mandat précédent) : Monsieur William Marx [c'est authentique], qui s’est imposé face à quatre autres candidats intrépides. Nous le saluons pour son dévouement et ses billets réguliers dans la « Lettre aux lecteurs de la BnF ».

 

Pour faciliter le travail de Monsieur Marx qui, j’imagine, a déjà beaucoup à faire avec la lutte des places, Do You Bnf se porte volontaire pour recueillir les revendications diverses que vous pourriez avoir pour améliorer (encore?) notre cher univers. Evidemment, vous pouvez aussi écrire directement à notre représentant... Mais pourquoi ne pas tenter un mouvement collectif de free riders à la faveur de l’anonymat de ce blog et de ses commentaires ? "Lâche mais vivant", c'est ma devise.

 

Qui plus est, étant donné le profil socio-professionnel de Monsieur Marx (voir sa profession de foi), il doit bien avoir mis en place (comme nous tous, avouons-le, en bons chercheurs paranoïaques) une petite alerte google à son nom, ce qui laisse entr’ouverte la possibilité qu’il jette un jour un œil à ce billet.

 

Des discussions avec quelques camarades de tablée ont déjà permis de dégager des revendications de base qui nous permettront de repartir du bon pied et, peut-être un jour, de déménager en salle V :

 

1. Des fours à micro-ondes dans les clubs-cafétérias du Rez-de-Jardin pour changer un peu du menu trio.

 

2. Des câbles Internet à chaque place pour éviter les embrouilles avec son voisin d’en face, parfois très mal luné.

 

3. Des casiers à cadenas, style « Années collèges », dans les halls inoccupés de la Tour des Temps et de la Tour des  Nombres, pour pouvoir stocker café, thé, et livres variés.

 

4. Des canapés dans les allées pour reposer nos esprits rudes de publiants.

 

5. Un potager autogéré, de carottes exclusivement, en jardin central (transmis par Jojo BnF, lapin rescapé)

 

6. Une salle de sport en club des lettres pour corpore sano et une salle de cinéma en VoD en club des lois pour mens sana.

 

7. Une station vélib’ à chaque coin du Rez-de-Jardin, c'est quand même plus rapide pour aller aux toilettes.

 

Monsieur Marx, si vous êtes là, nous espérons que vous pourrez prendre en compte ces modestes revendications de doctorants pleins d'espoir. En attendant, je fais un peu de pub intéressée pour votre dernier ouvrage, Vie du lettré (faut bien) et en tant que « lettré anonyme », je me permets surtout de répondre au sondage qui apparaît en 4e de couv’ :

 

« Ils lisent des textes, les rassemblent, les éditent, les commentent, les transmettent aux générations futures, produisent à leur tour d’autres textes : ce sont les lettrés, apparus parmi nous voici déjà quelques millénaires. Voués à l’écrit, ils forment le socle d’une civilisation, en garantissent la continuité, mais participent aussi à sa contestation. Le plus souvent invisibles ou méconnus, ils composent une communauté secrète, reliée à travers le temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses.

Qui sont-ils ? [DYB : personne]

Comment vivent-ils ? [presque sous terre]

Où habitent-ils ? [en salle N, ou P, ou W]

Que mangent-ils ? [un menu trio avec : une salade pâtes-saumon-oeuf pôché, un cookie blanc et une aquarelle, s'il vous plaît, et un café pour après, oui merci]

A quelles amours s'adonnent-ils ? [no comment]

Comment naissent-ils et meurent-ils ? » [en s'inscrivant en thèse, innocents, les pauvrets / au fil de l'eau, perdus sur Galaxie]

 

Finalement, comme le dit si bien M. Marx : « faire des lettres [je dirais plutôt sciences humaines pour ma part] le but principal d’une vie relève, à bien des égards, de l’extraordinaire, sinon de la pathologie ». A demain quand même.

Par Do you BnF ? - Publié dans : Do you
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