30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 15:41

 

Salut à toi, ô Lecteur rentré un peu plus tôt de vacances – expressément ! – pour profiter quelques jours du Rez-de-Jardin avant de retourner à la Fac*,

 

[*Note terminologique « What the Fac ? » : par « Fac », avec une majuscule, j’entends et j’entendrai sur ce blog toute activité professionnelle combinant, selon des proportions variables, enseignement & recherche, voire même une dose croissante d’administration de l’enseignement supérieur. Amis enseignants-chercheurs de l’Université et autres établissements, mais aussi vous les thésards ou les ex-thésards du secondaire, et même vous, les chargés de recherche/chargés de cours du CNRS et d’ailleurs, c’est à vous tous que je parle quand je dis « Do you Fac ? »]

 

 

Salut donc à toi, ô Lecteur reposé. Le teint halé et la bouche en sourire, heureux de t’être offert quelques jours (quelques semaines peut-être ?) de vraies vacances, tu as décidé d’optimiser ta fin août et de profiter de cette (petite) semaine avant la fermeture annuelle de notre BnF pour venir terminer l’article en retard que tu devais finir en mars, ou préparer ce cours que tu devais boucler en juillet.

 

Bravo.

 

Mais, victime de ton enthousiasme et de ta confiance démesurée dans l’espace humaine, tu es descendu en Rez-de-Jardin sans te méfier, tout guilleret, et sans prendre de précautions. Tu as oublié tous les principes élémentaires de vigilance. Et PAF !, tu as été cueilli à froid par ce monstre des ténèbres, cet épouvantail du cœur, cet être sans pitié que j’ai nommé l’Antivac. 

 

Car si la BnF a aussi ses juilletistes et ses aoûtiens, elle a surtout ses quelques Antivacs, ces réfractaires complets à toute idée de « pause estivale » et de congé, payé ou pas. L’Antivac est cet être froid et calculateur qui a préféré repousser ces vacances à l’année prochaine, voire à celle d’après, pour pouvoir profiter au maximum de l’air conditionné du Rez-de-Jardin et prendre de l’avance sur son retard cumulé de recherches en déshérence. C'est cet être irritant qui, quand par malheur il est obligé de prononcer ce mot qui lui déforme la bouche, « vacances », ne peut s’empêcher de le mettre entre guillemets, à l’écrit comme à l’oral, par ce petit geste agaçant de deux virgules dessinées en l’air des deux mains. 

 

 

Antivac parlant de " vacances "

 

 

Cet Antivac, tu l’as déjà croisé. Tu le connais bien. Il est d’ailleurs facilement identifiable. C'est cet être étrange qui promène ses Ray Ban teintées partout en BnF, du Café des Temps à la salle W, ou à la salle R dans laquelle il a loué une place pour l’été (parce qu’il y fait bien sombre et bien frais). Affublé du sempiternel uniforme Birken-short, il hante le Café des Temps à la recherche d’un Spritz sans alcool (pour pouvoir travailler encore un peu cet après-midi). Sa serviette, il la pose sur les marches de la salle X, au soleil, pour manger en bouquinant un polar slovaque qu’il a fait demander exprès en magasin.

 

L’Antivac, c’est celui qui te salue d’un nonchalant « Alors ça y est ? T’es rentré ? » (sous-entendu « enfin ! ») quand il te croise le 30 août, l’air de dire que lui, au moins, n’a pas démérité du contribuable. Ou par un non moins poignant « Ah bon ? T’as pris des vacances ? » qui fait remonter d’un coup à la surface tout ce stress enfoui consciencieusement sous le sable de ta plage lointaine. Car l’Antivac est fourbe. L’Antivac est vicieux. Pour lui, le 15 août, c'est un jour de BnF de perdu (il adore quand ça tombe un dimanche).

 

Bref, l’Antivac, c'est le réel qui t’agrippe et te cloue à ta chaise pour le reste de l’année. C'est Do you qui te susurre tendrement à l’oreille, alors que t’étais presque content de rentrer, la question solennelle : Do you Fac ? Car oui, il faut l'avouer, Do you est un Antivac récidiviste.

 

Mais ne lui en veut pas trop quand même. Car l’Antivac n’a peut-être pas eu le choix. Il aurait bien aimé, sans doute, pouvoir partir un peu, te rejoindre sur les sentiers du GR20 ou dans ton bungalow à Manacor. Mais voilà, il est resté. Alors il faut bien qu’il s’amuse un peu aux dépens de ceux qui rentrent. En attendant les (vraies) vacances.

 

Doyou

Antivac provisoire

 

 

Post-scriptum

 

Si tu n’as jamais eu la chance de croiser un Antivac, je te laisse ci-dessous un petit portrait chinois de l’énergumène, histoire que tu te familiarises avec ses penchants angoissés et ne sois pas trop désemparé si tu en trouves un sur ta route d’ici demain soir (date de la fermeture annuelle de notre antre, dois-je encore te le rappeler ?) :

 

 

Portrait chinois de l’Antivac

 

Si c’était un film…

Ce serait « Les Temps modernes » de Chaplin, pour le côté enchaîné au travail, ou alors un remake de Die Hard avec Bruce Willis, où le gratte-ciel aurait été remplacé par la Tour des Temps, un autre grand « Piège de cristal ».

 

Si c’était une œuvre littéraire...

Sérieusement, tu vois pas ? La Bibliothèque de Babel, pardi ! Ou alors, en version longue, A la recherche du temps perdu (même s’il en a déjà trouvé le Café, au bas de la Tour des Temps).

 

Si c’était un animal…

Ce serait un escargot, pour la vitesse de croisière, ou alors un Bernard-l’Hermite, qui va partout avec sa maison, sauf qu’ici, la maison, c’est une coque de MacBook.

 

Si c’était un héros mythologique…

Ce serait Hercule (parce que c’est comme ça qu’il se voit, l’Antivac, sûr qu’il est d’accomplir en un été ces douze travaux qu’il doit depuis déjà des mois). Ou alors Sisyphe (parce que c’est comme ça que le voient ses proches, son conjoint, ses agents en banque de salle, son psy...).

 

Si c’était un fruit…

Ce serait un fruit de la passion. L'Antivac est un poète : il se sait rugueux et gris à l’extérieur, mais frais et chamarré à l’intérieur.

 

Voilà, si tu en veux encore, je te laisse faire tes propositions en commentaire.

 

Et pour aller plus loin dans l’exploration de toi-même, parce que je suis un Antivac contrarié qui a beaucoup de respect pour l'oisiveté et la perte de temps en Rez-de-Jardin, voici un site sur lequel tu pourras t’évader quelques minutes et rester, encore un peu, en vacances dans ta tête. Sois fort. Surtout si tu tombes sur le même résultat que moi à ce test : « Cherche encore ». Finalement, ça matche pas mal :

 

https://www.openask.com/fr/tests/3262-quest-ce-que-votre-portrait-chinois-dit-de-vous

 

 

 

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Published by Do you BnF ? - dans Do you Fac
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