13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 13:46

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

Jojo BnF est de nouveau entré en contact. J’avais reçu un signe de vie furtif, samedi dernier, lorsqu’il m’avait fait parvenir son vote pour le concours photo hebdomadaire, mais je n’étais sûr de rien. Le revoilà. Et, cette fois-ci, il est parvenu à m’expliquer ce qu’il attendait de moi.

 

 

Jojo BnF : Hé ! DoYou, tu me reçois ?

DoYouBnF : Jojo ! Enfin ! Tu vas bien ? Tu as pu leur échapper ?

 

Jojo : bien sûr, coco, qu’est-ce que tu crois ? Le pompier qui attrapera Jojo n’a pas encore passé son BAFA.

DoYou : Je suis content d’avoir de tes nouvelles, en tout cas. Tu sais, je me suis fais du souci pour toi…

 

Jojo : sympa, gamin, mais c'est pas la peine. Tu devrais plutôt t’en faire pour ta thèse. Enfin, moi je dis ça, hein, j’dis rien…

DoYou : je sais, Jojo, mais je travaille dur tu sais : j’ai commencé hier à réfléchir à ma deuxièm…

 

Jojo : …HÉ LÀ ! Attends un peu, attends attends…je t’arrête tout de suite. Tu vois, là, ta thèse, en fait, on en a rien à foutre. On a des trucs plus importants à faire toi et moi.

DoYou : ah bon ? Quoi ? C'est ça que tu voulais me dire l’autre jour ?

 

Jojo : ouais. Ben voilà : j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections.

DoYou : …[silence clavier]…euh, attends, quoi ? En 2012 ? Tu veux remplacer Sarkozy ?

 

Jojo : Sarkoki ?

DoYou : …[silence clavier]…euh, ben…tu sais, le président Sarkozy, là, le président de la République, quoi.

 

Jojo : Mais non, banane ! Rien à carrer de cette brêle.  T’es con ou quoi. Les choses sérieuses, c'est ici que ça se passe, garçon, hic et nunc. Les élections que je veux, moi, c'est celles de 2013 pour le prochain représentant des usagers au Conseil d’administration de la BnF.

DoYou : …[silence clavier]…euh, mais…t’es sûr Jojo ? Tu veux pas plutôt te présenter aux européennes ?

 

Jojo : mais putain, DoYou, t’as une touche de clavier en moins ou quoi ! L’important, aujourd'hui, c'est quoi ? T’es pas abonné aux Chroniques de la BnF ou quoi ? L’important, je te le dis, c'est la « société de la connaissance » mon gars, ouais. C'est ça l’avenir. J’ai lu plein de trucs dessus sur Gallica. Et d’après toi, elle est où la connaissance, hein ? Elle est où ? Elle est ici, bordel ! Sache, garçon, que celui qui contrôle la BnF contrôle le savoir, et celui qui contrôle le savoir contrôle le monde ! Ouais, c'est comme ça. Faut percuter dans la vie. Et comme il faut bien commencer par où on peut, ben moi, en 2013, je serai représentant du Rez-de-Jardin, mec.

DoYou : …euh, mais… Jojo, no offense, mais…t’es un lapin, je suis pas sûr que…

 

Jojo : …BEN OUAIS ! Justement ! Chuis un lapin et j’ai plein de trucs à raconter sur le jardin, gamin, pas comme vous autres qui n’y avaient jamais mis le pied et n’y viendrez jamais, d’ailleurs. L’Eden, c'est moi. Le merisier de la connaissance, c'est moi. Et ça donne des idées, ça, je peux te dire. Dieu BnF va devoir m’écouter plutôt que de vouloir me faire passer à la casserole. Mais pour ça, va falloir qu’on s’organise dur, on a que trois ans finalement, et j’ai besoin de toi.

A ce propos, très cher et nouvellement intronisé directeur de campagne, commençons par le commencement…Je t’ai préparé une petite affiche électorale, pour que tu commences à réfléchir aux slogans, au programme...tout ça. Faut bien commencer par quelque part. Voilà, voilà :

 

Jojo_president.jpg

 

DoYou : …[silence clavier]…euh, ouais…super, Jojo, super. On va peut-être la retravailler un peu, ok ? J’ai justement quelques potes en marketing politique qui pourraient nous aider. Ils bossent pour Eric Woerth pour l’instant, mais je crois qu’ils vont bientôt être un peu plus libres…

 

Jojo : ok, ok, ce que tu veux, je te fais confiance, mais commence à faire bouger le réseau, mec, parce que j’arrive. On va se le faire le William Marx ! HA HA HA HA HAttends un peu, là ! ça bouge. Je repère un pompier qui fume près de mon trou. Alerte. Faut que j’y aille, mec, on se tient au courant.

DoYou : euh, attends, Jojo ! HO ! JOJO !

 

...

 

Décidément, les lapins sont trop pressés de nos jours.

 

[A suivre]

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 11:57

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

Déprime. Si, si, c'est possible. Même en Rez-de-Jardin, pourtant l’endroit sur terre le plus proche de l’Eden. Faut dire que mon évasion ratée d’hier m’a laissé un peu KO. Et puis, au Café des temps, ils étaient à court de salade aoste aujourd'hui.

 

Alors, en hommage à mon idole des jours sombres, le joyeux Hubert-Félix Thiéfaine, je me suis permis d’adapter Alligators 427 à notre univers. Qu’il m’excuse du sacrilège, mais ça m’a aidé à retrouver le mood indigo du Rez-de-Jardin.

 

(pour les paroles et la chanson originales, voir à la fin)

 

 

Escalators 427

(à chanter à tue-tête du vestiaire à la banque d’accueil)

 

Escalators 427

Aux traits de néon et d’argent

Vous m’emmenez vers ma planète.

Je vous descends.

 

Sur cet escalier hypnotique

Qui draine tant de doctorants

J’ai vomi ma problématique.
Je vous descends.

 

Je sais que vous bouffez du thésard à midi

Et que vous concassez nos pauvres os pourris.

Vos déroulantes marches me sont dents de harpie.

Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

 

Escalators 427

Double rampe têtue, clopinant

Je rêve qu’un jour tout s’arrête.

Je vous descends.

 

Dans cet étrange antre social

De parisiens monosapiens

dotés de cerveaux cannibales.

Je vous descends.

 

Et les vieilles reliures, même raccommodées,

Y aura jamais assez de sujets pour tout le monde

Le gibier pour thésards sera bientôt épuisé.

Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

Escalators 427
Aux longues parois de ciment
J’ouv’ mon ordi, chausse mes lunettes.
Je vous descends.

 

Je veux une place en V demain.
Je sais que c'est complet, mais plus rien ne m’arrête,
J’ai le routard du BnF malin.
Je vous descends.

 

Et j'attends que vos quatre tours soient effondrées.
J'ai raté l’incendie de celle d’Alexandrie.
J'espère que tous vos livres seront numérisés.
Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

Escalators 427
Au flanc plastique et transparent,
Je tremble du corps et de la tête.
Je vous descends.


Le lecteur au parvis fait la queue
Et tend sa carte d’adhérent
Pour voir l’Eden aux matins bleus.
Je vous descends.


J'entends grincer les dents des bibliothécaires
Et je vois les agents sortir des banques d’accueil
Pour venir torturer les doctorants précaires.
Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

Escalators 427
Aux râles gras et cliquetants,
De Galaxie j’attends les miettes.
Je vous descends.


Le coup porté par mon jury,
(Rapport de soutenance trop sec)
Va pas trop m’aider dans la vie.
Je vous descends.


Sur vos marches rayées qui font tourner l’enfer,
Je cherche un nouveau job pour ma métempsychose.
Je sais que désormais je n’aurai plus d’ATER.
Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

Escalators 427
Au cerveau mou et délirant,
Il est temps de se mettre une tête.
Je vous descends.


Vous avez bien du bon pinard ?
J’ai le pot de thèse pathétique :
Ensemble on va boire aux déboires.
Je vous attends.


Je sais que, désormais, ma vie cours à rebours.
Sans thèse que ferai-je ? Fini le doctorant !
Tant pis les gars, je reste : Rez-de-Jardin toujours !
Moi je vous dis bravo et vive Jstor !

 

 

 

  Escalators-427.jpg

 

 

La chanson originale :

 

 

Et son texte :

 

Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.

Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon coeur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:14

Aujourd'hui à la BnF...

 

J'a tenté de m'évader du Rez-de-Jardin :

 

(à écouter avec le son, mais pas depuis les ordis de votre salle de lecture préférée)

 

 

 

 

J'ai été rattrapé devant la banque d'accueil de l'entrée ouest. Deux gardiens m'ont sauté dessus, ligoté, baillôné, et ramené en salle K.

 

Mais j'attends mon heure. J'y arriverai.

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 20:16

 

Qui a dit que la meilleure façon de s’ennuyer à la BnF, c'était de faire une thèse en Rez-de-Jardin ?

 

En fait, on peut aussi se faire chier sur l’esplanade.

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 14:10

Aujourd'hui à la BnF…

 

Sur les instances d’un ami célibataire, doctorant permanent lui aussi, je lance un appel solennel à Bruno Racine, notre président BnF qui, c'est bien évident, est un fidèle abonné de la newsletter de ce blog. Monsieur Racine, s'il vous plaît : aidez-nous à créer le Meetic BnF !

 

Oui, créons un système méthodique qui permettrait enfin d’organiser un peu les classiques mais désordonnées pratiques de drague en bibliothèque que, de près ou de loin, nous avons tous côtoyées un jour. Donnons à la BnF, Babel nouvelle du Futur, modèle d'innovation à tous points de vue, une nouvelle longueur d'avance sur la BPI et les autres, en faisant de notre mythique système de réservation de place un système meetic de biblio-dating.

 

Rien de plus simple. Au moment de réserver votre place, vous ne choisirez plus seulement votre salle et votre heure d’arrivée. Vous serez invités à remplir  trois nouvelles cases sur le site de réservation qui pourraient se présenter comme suit :

 

1.  Je suis :

- marié

- maqué mais ça peut s’arranger

- super open.

 

2. Je suis plutôt :

- lapin cherchant lapine

- lapine cherchant lapin

- lapine cherchant lapine

- lapin cherchant lapin

- super open

 

3. Aujourd'hui je suis :

- très occupé, j’ai un article à finir

- ok pour prendre un café

- super open

 

Ensuite, rien de plus simple pour notre webmaster BnF : un petit algorithme bien pensé (pas de quoi casser trois bits à un google) permettrait :

 

1. De brasser et croiser automatiquement les historiques des livres empruntés, disons depuis deux mois, par tous les inscrits du jour.

 

2. De rapprocher en conséquence et judicieusement, sur deux places côte à côte, les lecteurs ayant demandé des livres sur des sujets approchants dans les dernières semaines.

 

En comptant un peu sur nos affinités électives et sur le don légendaire de nos chercheurs pour l’œillade furtive, on pourrait du même coup :

 

1. S’amuser beaucoup plus à la BnF

 

2. Augmenter les statistiques de couples socio-endogames

 

3. Favoriser la natalité française (et européenne ; et mondiale : cosmopolite Rez-de-Jardin !)

 

Avantage complémentaire pour dieu BnF : ce système révolutionnaire de réservation permettrait de réguler un peu la lutte des places. Il est plus que probable, en effet, que le nombre de réservations de « places en or », bien à l’avance, augmenterait considérablement, tandis que le nombre de places laissées vacantes toute une journée par des lecteurs-sécheurs impénitents diminuerait en proportion.

 

Evidemment, pour éviter de faire de la BnF un Baisodrome norme Française, on pourrait imaginer quelques limitations, comme par exemple réserver seulement quelques unes des salles de lecture du Rez-de-Jardin à ce système (les salles X, Y et la salle Q, au hasard), ce qui accroîtrait la concurrence et favoriserait, subséquemment, le remplissage des salles.

 

On pourrait aussi, évidemment, apporter rapidement quelques raffinements bienvenus, entre autres (et j’attends vos idées complémentaires) :

 

1. Créer des places « tandem » avec double fauteuil à accoudoir relevable (MK2©), voire accélérer l’équipement du Club des Nombres en canapés-lits dépliables ;

 

2. Greffer sur l’algorithme de brassage d’emprunts un programme automatisé de rétro-contrôle sur le Fichier national des thèses de Nanterre (pour éviter le plus possible les couples mono-disciplinaires : c'est pas génial génial de se battre pour les mêmes auditions avec son conjoint au moment de Galaxie) ;

 

3. Adapter le « menu trio » pour en faire un « menu duo - double G », avec double salade Gingembre/ Ginseng et coupe de champagne en option ; prévoir aussi un « menu brio » pour nos amis seniors, avec au dessert la compote spéciale "banane bleue" ® de Pfizer ;

 

4. Offrir à chaque nouvel inscrit en Rez-de-Jardin un kit « Lovin’ BnF » et un catalogue collector de l’expo sur « l’Enfer de la BnF ».

 

Meetic, je vous dis. Reste plus qu’à porter l’idée aux oreilles de notre direction BnF. Encore un travail pour M. Marx.

 

(Sur une idée originale de S.)

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 14:02

Aujourd'hui à la BnF…

 

Rien. C'est dimanche.

 

Mais profitez-en pour vous entraîner un peu en vue du colloque de cet automne, avec votre nouveau coach ès langue de com’.

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 13:28

Aujourd'hui à la BnF…

 

Comme tous les samedis, c'est photographie.

 

Voici donc venu le moment de dévoiler la photo gagnante de la semaine.

 

Après bien des hésitations et moult discussions, le jury du concours, composé de Jojo BnF et de moi-même, a décidé d’attribuer, à l’unanimité, le magnum d’or à la photo ci-dessous, pour sa contribution décisive à la vulgarisation du « menu trio » :

 

 

 menutrio1.jpg

 

 

La beauté froide et sophistiquée des couleurs, l’alignement destructuré des salades composées, le chaos lumineux des reflets sur le plexiglas ont emporté l’adhésion. Bravo à la gagnante, elle se reconnaîtra : elle a bien mérité son magnum tout à l’heure au Café des temps perdus.

 

Le concours est bien entendu reconduit pour la semaine prochaine : vous avez jusqu’à samedi 12h00 pour m’envoyer (doyoubnf@gmail.com) vos photos de BnF les plus belles / bizarres / balèzes. Un nouveau magnum - amandes grillées est en jeu (convertissable en Snickers glacé sur simple demande).

 

En attendant, vous pouvez toujours tester votre connaissance du Rez-de-Jardin en essayant de deviner ce qui se cache derrière la photo suivante :

 

 Photo0137.jpg

 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 13:34

Aujourd'hui à la BnF...

 

 L'histoire qui suit est authentique. Par charité, je tais le nom de l'incriminé et en assume toute la responsabilité.

 

ça aurait pu arriver à n'importe qui, mais c'est tombé sur moi. Les toilettes de toute institution dans lesquelles se succèdent à longueur de journée des dizaines,  des centaines de besogneux comme nous, sont évidemment peu souvent des trônes immaculés, et ce malgré les efforts incessants des équipes de nettoyage omniprésentes. Il m'arrive donc, régulièrement, pour mes commissions (on n'est pas non plus que des cerveaux) de recouvrir méthodiquement la lunette des toilettes de ce joli et fin papier blanc que les services logistiques de la bibliothèque nationale de France mettent gracieusement à notre disposition. Ce qui fut fait, derechef, cet après-midi.


J'étais un peu fatigué aujourd'hui, vendredi oblige. Et puis j'avais un paragraphe en cours qui me tarabustait : je cherchais une sortie à l'impasse théorique de cette sous-partie. Je trépignais. Il faut dire aussi que le terrain était glissant, en mauvais état, pas très net quoi…Bref, impossible de dire ce qui s'est passé. J'ai dû faire un faux mouvement, une bourde, un peu trop pressé que j'étais, sans doute, de tout remballer pour en revenir à ma thèse et finir la journée.


Retour donc en salle K : démarche assurée du doctorant délesté et prêt à en découdre. Allez, garçon ! Encore une page, une seule, et on rentre. Je me dirige, chaloupé, vers ma place au soleil quand quelqu'un soudain m'interpelle :


- Hé ! Excuse-moi ! (Une connaissance ? un collègue? un fan?)

- Oui ?

- Je crois que tu as un bout de PQ coincé dans le pantalon.


 

Âme charitable et observatrice, qui que tu sois, merci. Grâce à toi, je n’ai pas été faire ma pause au Café des Temps, un bout de papier toilette dépassant du derrière. Mon grand moment de solitude, je l'ai passé avec toi, et avec toi seulement.


Thésard honnête ! Mon semblable, mon frère. Je te revaudrai ça.

 

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 14:00

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai claviparlé avec le dernier des lapins BnF, le rescapé de la Grande expulsion.

 

Je travaillais tranquillement en salle O sur mon dernier billet et je m’apprêtais à faire une pause-boulot bien méritée, quand soudain un terminal de commande apparaît sur mon écran, en bas à droite, à peu près comme ça :

 

Jojo1

 

Jojo BnF : hé ! DoYou ! Tu me reçois ?

DoYouBnF : hein ? Qui c'est ?

 

Jojo : tu sais pas lire ou quoi. « Jojo BnF ». C'est mon nom de code. Tu peux m’appeler aussi Last Rabbit, pour les intimes.

DoYou : Jojo ? Mais t’es qui ? Qu’est-ce qui se passe là ?

 

Jojo : je suis le dernier des lapins BnF, mec, le dernier ! The last conejo, amigo. Je vis seul et clandestin depuis la Grande expulsion. Terré comme un rat.

DoYou: quoi ? Mais où ça ? Dans le jardin, dans l’Eden ?

 

Jojo : l’Eden, l’Eden, c'est vite dit. C'est l’enfer ici, garçon. Je suis recherché par toutes les polices de la BnF et leurs talkies-walkies. Ils savent que je suis là. Mais j’échappe, je creuse, je m’enterre et je les emmerde !

DoYou : mais comment t’as fait pour accéder à mon ordinateur ? C'est fou ce truc.

 

Jojo : fastoche. En creusant profond, je suis tombé sur le réseau informatique de l’édifice. Lapin agile, j’ai quelques notions en électronique, j’ai donc pu brancher une dérivation et relier tout ça à mon netbook. Du coup, j’étudie les flux de données depuis longtemps maintenant, et j’ai bien vu ton p’tit manège, là, ton blog, les posts envoyés depuis ta place, tout ça.

DoYou : tu veux dire que tu sais qui je suis ?

 

Jojo BnF : pas vraiment, non, mais je sais que tu existes. Fais gaffe d’ailleurs, Dieu BnF te regarde, lui aussi. Et si tu continues, déchéance de carte BnF garantie, gars, comme pour les miens.

DoYou : les tiens ? Mais qu’est-ce qu’il leur est arrivé ?

 

Jojo : une histoire moche. C'est arrivé sans qu’on s’y attende. Badaboum. Un jour, Dieu BnF a décidé de déchoir de l’Edénité un des nôtres, sous prétexte qu’il avait attaqué un des gardiens. Bon, ok, j’avoue que c'était pas très beau à voir. Mais le lapin en question, il était barge, on le savait bien, nous. D’ailleurs, on l’avait enfermé mais il s’est échappé et faut bien reconnaître qu’il a fait une grosse connerie. Tiens, si tu veux, j’ai retrouvé dans le réseau des caméras de surveillance la vidéo de l’attaque.

Et ça a été le début de tout. Après ça, il a déchu un par un tous les lapins qui avaient un jour fait des conneries dans le jardin : les excités d’abord, tu comprends, c'était facile, personne n’a rien dit ; puis ceux qui dealaient du jus de carotte, sous prétexte que c’était un monopole du Café des temps ; puis ceux qui demandaient les livres interdits, les livres de l’Enfer ou, pire encore, les livres sur les dysfonctionnements de la BnF, ouais, ceux des fonds surveillés ; après ça, ceux qui tentaient d’entrer en contact avec l’extérieur, avec vous autres quoi ; et puis finalement leurs parents, pour leur apprendre à toucher des allocs pour truands ; et puis aussi les frères et sœurs, on sait jamais ; et puis, un jour, tout le monde y est passé d’un coup. Une nuit, on a vu débarquer la brigade des pompiers sapeurs de la BnF au grand complet,  et ils les ont tous ramassés. Tous ! Une vraie lapinade. Je sais pas encore comment j’ai pu échapper à ce truc, un miracle…mais je les ai tous vus se faire emmener. J’en tremble encore.

DoYou : eh bè boudu con ! Horrible. Et depuis, quoi ? Tu vis tout seul ?

 

Jojo : ouais, je me suis terré, j’ai creusé des galeries, et je me planque, surveillant les allées et venues des sbires, sortant la nuit. Heureusement, je suis branché sur le réseau de surveillance, je vois tout ce qu’ils font. Je m’adapte.

DoYou : mais pourquoi est-ce qu’ils te cherchent ? Pourquoi l’expulsion ?

 

Jojo : des fous, je te dis. Des lapins dans le jardin, ça faisait désordre. Et puis, on faisait ce qui nous chantait, on distrayait les chercheurs, on bouffait ce qu’on voulait, on replantait comme on voulait…le Rez-de-Jardin était devenu incontrôlable, donc Dieu BnF pas content. Alors il a sévi. Tout le monde dehors ! Mais je suis toujours là, moi. Et maintenant, j’ai besoin de toi.

DoYou : de moi ? Pourquoi faire ? Quoi ? Tu vas me sortir de la matrice ?

 

Jojo : mais arrête de fumer, DoYou ! Non, il faut que tu m’aides pour de vrai, tu dois être ma voix, la parole des lapins au-dehors, enfin, du lapin. J’ai besoin de toi mec.

DoYou : mais qu’est-ce que je peux faire ? Dis-moi et j’essaierai…

 

Jojo : tu vas comprendre. J’ai décid…STOP ! non, attends, attends, plus tard, vite, faut que j’y aille, je crois que j’ai été repéré. Je te recontacterai…

DoYou : attends ! Hé ! Jojo ! JOJO !

 

 

Troublé, effrayé, je suis resté longtemps devant la console, mais rien n’est venu. J’attends encore. Jojo, si tu m’entends, j’espère que tu vas bien. Je suis là. J’attends.

 

[A suivre]

 

 

 

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 14:36

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai découvert que nous étions une grande démocratie. Et comme toutes les autres, elle a ses représentants et son taux d’abstention record.

 

Les élections pour le renouvellement des représentants des usagers au Conseil d’administration de la BnF ont eu lieu du 17 mai au 15 juin derniers. Si, si, c'est vrai. Et pourtant, tout comme moi, vous n’êtes pas allés voter, petits cyniques. Ou plutôt si, sur les 17428 possesseurs d’une carte Rez-de-Jardin, 99 lecteurs vigilants se sont déplacés (dont un courageux pour voter blanc), ce qui fait un taux d’abstention d’à peine 99,43 %. Bravo, c'est encore pire qu’une élection européenne en Pologne.

Et encore, je jette un voile pudique sur le Haut-de-Jardin, où 6 farfelus extravagants sont tout de même allés voter sur 26 829 inscrits, pour un candidat en lice.

 

Nous avons donc aujourd'hui, en Rez-de-Jardin, un représentant élu (et avec 60 voix quand même !) pour un nouveau mandat de trois ans (puisqu’il était déjà titulaire du mandat précédent) : Monsieur William Marx [c'est authentique], qui s’est imposé face à quatre autres candidats intrépides. Nous le saluons pour son dévouement et ses billets réguliers dans la « Lettre aux lecteurs de la BnF ».

 

Pour faciliter le travail de Monsieur Marx qui, j’imagine, a déjà beaucoup à faire avec la lutte des places, Do You Bnf se porte volontaire pour recueillir les revendications diverses que vous pourriez avoir pour améliorer (encore?) notre cher univers. Evidemment, vous pouvez aussi écrire directement à notre représentant... Mais pourquoi ne pas tenter un mouvement collectif de free riders à la faveur de l’anonymat de ce blog et de ses commentaires ? "Lâche mais vivant", c'est ma devise.

 

Qui plus est, étant donné le profil socio-professionnel de Monsieur Marx (voir sa profession de foi), il doit bien avoir mis en place (comme nous tous, avouons-le, en bons chercheurs paranoïaques) une petite alerte google à son nom, ce qui laisse entr’ouverte la possibilité qu’il jette un jour un œil à ce billet.

 

Des discussions avec quelques camarades de tablée ont déjà permis de dégager des revendications de base qui nous permettront de repartir du bon pied et, peut-être un jour, de déménager en salle V :

 

1. Des fours à micro-ondes dans les clubs-cafétérias du Rez-de-Jardin pour changer un peu du menu trio.

 

2. Des câbles Internet à chaque place pour éviter les embrouilles avec son voisin d’en face, parfois très mal luné.

 

3. Des casiers à cadenas, style « Années collèges », dans les halls inoccupés de la Tour des Temps et de la Tour des  Nombres, pour pouvoir stocker café, thé, et livres variés.

 

4. Des canapés dans les allées pour reposer nos esprits rudes de publiants.

 

5. Un potager autogéré, de carottes exclusivement, en jardin central (transmis par Jojo BnF, lapin rescapé)

 

6. Une salle de sport en club des lettres pour corpore sano et une salle de cinéma en VoD en club des lois pour mens sana.

 

7. Une station vélib’ à chaque coin du Rez-de-Jardin, c'est quand même plus rapide pour aller aux toilettes.

 

Monsieur Marx, si vous êtes là, nous espérons que vous pourrez prendre en compte ces modestes revendications de doctorants pleins d'espoir. En attendant, je fais un peu de pub intéressée pour votre dernier ouvrage, Vie du lettré (faut bien) et en tant que « lettré anonyme », je me permets surtout de répondre au sondage qui apparaît en 4e de couv’ :

 

« Ils lisent des textes, les rassemblent, les éditent, les commentent, les transmettent aux générations futures, produisent à leur tour d’autres textes : ce sont les lettrés, apparus parmi nous voici déjà quelques millénaires. Voués à l’écrit, ils forment le socle d’une civilisation, en garantissent la continuité, mais participent aussi à sa contestation. Le plus souvent invisibles ou méconnus, ils composent une communauté secrète, reliée à travers le temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses.

Qui sont-ils ? [DYB : personne]

Comment vivent-ils ? [presque sous terre]

Où habitent-ils ? [en salle N, ou P, ou W]

Que mangent-ils ? [un menu trio avec : une salade pâtes-saumon-oeuf pôché, un cookie blanc et une aquarelle, s'il vous plaît, et un café pour après, oui merci]

A quelles amours s'adonnent-ils ? [no comment]

Comment naissent-ils et meurent-ils ? » [en s'inscrivant en thèse, innocents, les pauvrets / au fil de l'eau, perdus sur Galaxie]

 

Finalement, comme le dit si bien M. Marx : « faire des lettres [je dirais plutôt sciences humaines pour ma part] le but principal d’une vie relève, à bien des égards, de l’extraordinaire, sinon de la pathologie ». A demain quand même.

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Published by Do you BnF ? - dans Do you
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