2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 10:18

Today at the BnF…

 

(A lire avecque l'acquessengue du sudouesteuh, cil vous plé)

 

Hello, hello, everybody. Today, I need to speak to you about a gros problème : the globalization of research.

 

Yes, the research of our times is completely globalized, as we can see at the Rez-de-Jardin itself, with all these people speaking English all the time in the Times Café. Actually, a good searcher qui se respecte, today, is a searcher who knows how to speak bilingual English in all kind of situations, and mort over at a colloquium. He also knows, why not, how to write a good article in the language of Shakespeare (but this is another paire de manches we’ll talk about perhaps another day). English is very important, you know. If you want to communicate with yours pairs and let them know about your revolutionary work in your scientific field, you must speak that international language and not only your litteule piece of shit Roquefort French. So follow me and I will learn you some good tips in order to be at your aise in any English environment (well, it is a manière to say, hein ?).

 

Firstovol, you need to learn some sentences toutes faites, which will allow you to introduce yourself and your PhD.

- “Hi! my name is DoYou, nice to meet you” could be a good start. Be careful, the answer : “Hi! Do You, how do you do?” is not an ironical joke, it is perfectly normal. English and American pipole are not so funny they could se foutre of your gueule and of your ridiculous first name in front of your nose.

- "I am writing a PhD at the University of Castelnaudary" : don't worry, even if you only have 12 lines written by now, you can say it, nobody cares.

- "Do you have a post-doctoral fellowship for me, please?" : for desperate cases only.

 

Mort over, when you try to introduce yourself and your PhD to a new friend, you have to remain calm and distant. Don’t explain every little detail of the third sous-partie of your seconde partie; or every writing dilemma you have, because nobody en a rien à foutre ant because you don't know how to say tiret cadratin in English anyway. If somebody asks quand même (it happens sometimes, the human Bean can be such an ingénu), just say, in a intrigant way : “Yes, well, I work on different aspects of legitimacy in a cosmopolitan environment, but I can’t tell you too much about that, because I work for the DoD, secret mission, you know”, for instance. Trying to look like the Jack Bauer of the recherche is hopeless, certes, but exciting.

 

Secondly, write down and practice your speach before going to an international congress. Don't try an improvisation à la Miles Davis about your work, it won't work. Of that I can assure you : I tried it the first time and they just laminated my gueule. No, no, you must have a good text and you must look very natural while reading it. Specialists do préconiser at least six repetitions before you throw yourself in the cage aux lions. It seems a minimum vital, mort over if you have translated your communication in English yourself, even with a little help of my friend Reverso.

 

Thirdly, don't speak too fast, or too loud, or not fast enough, or not loud enough, and please articulate, and be self-confident, but not too much, and smile, and be cool, and look up, t'auras l'air d'un nageur, and make some jokes even if you never understood what "captatio benevolentiae" means. To put it in a nutshell (yeah, I know, I'm SO idiomatic), be good.

 

Oh, yeah, a last but very important advice for the end of your communication : don't be afraid about the questions people will ask you : quoiqu'il arrive, it won't last too long because you won't be able to use more thant 12 words of vocabulary. So be it. What I usually do in these moments of great solitude, is always the same old tip : "Yes, your question is very interesting. It was not the precise subject of my communication, that's why I didn't mention it, but it is surely one of the main topics of my PhD. Thank you for asking anyway".

 

After that : run and hide. The bathrooms are generally the place to be after this kind of astonishing performance. And if you are lucky, you will find a congénère who would have had an even worse case scenario of colloquium communication. Cry with him freely and be sure to become friends, he could be your perfect faire-valoir.

 

No need to thank me. See you tomorrow.

 

 

 

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 17:50

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

 

Nous avons entamé, sous la houlette sévère mais juste de Jojo BnF, la conquête progressive et systématique du Rez-de-Jardin par la face sud.

 

Galvanisés par les discours enflammés de notre chef et futur président Jojo, nous avons en effet pris conscience de notre nombre et de notre force. Jusqu’à présent dispersés aux quatre vents, perdus et isolés dans nos salles sombres, formant un puzzle incomplet de chercheurs pré-décimés, nous avons décidé de nous organiser et de coloniser notre espace de travail.

 

Termites laborieuses, nous nous reconnaissons désormais, à distance. Au Café des temps perdus, nous avons appris à nous saluer discrètement, d’un signe ésotérique à faire pâlir le Grand Orient. Autour de la poubelle-desserte, en débarrassant nos plateaux ruisselants de vinaigrette renversée, nous échangeons quelques mots chuchotés, pour nous tenir au courant. « En salle M ça avance, on tient les places M.36 à M.48 pour la semaine prochaine, et on les a déjà réservées pour la ré-ouverture, le 20 septembre ». « En W, tout le fond est à nous, de W. 89 à W. 61. Jojo est au courant. On occupe l’espace et on avance vers la banque de salle, en passant par les places à centaines, le long du mur, de 102 à 116 déjà ». « En salle Y, la colonisation est quasiment terminée, on a plus que quatre places de croûtons à réserver avant eux pour la semaine prochaine, et on aura pris position ».

 

Car le plan de Jojo est bien huilé.

 

1. Repérer les salles et les tablées stratégiques :

- salle Y, pour le QG (idéale salle Y ! Bien en hauteur, fermée par une porte-sas pare-balles : véritable coffre-fort BnF) ;

- salle M, centrale et ouverte, permettant le contrôle de toute la face nord ;

- salle W et salle O : contrôlant les accès en Rez-de-Jardin par l’est et par l’ouest.

 

2. Chaque jour, dès la sortie, réserver par groupes les places d’une même tablée dans ces salles stratégiques. Convertir les voisins et avancer peu à peu. Objectif : contrôler le maximum de places à la rentrée pour lancer l’assaut final.

 

3. Au jour J de Jojo, notre Premier Lapin sonnera l’appel depuis le jardin central : tous les DoYou se lèveront alors comme un seul homme, prenant le contrôle des banques des salles que nous aurons colonisées, investissant les arrière-banques et les magasins, prenant position en banque d’accueil et installant des têtes de pont-escalator, audacieuses et imprenables. Ce ne sera ni un raz-de-marée, ni un tsunami, mais un raz-de-jardin.

 

4. Fermes mais magnanimes (et parce que Jojo adore quand ses plans se déroulent sans accroc), nous laisserons partir les agents et les lecteurs terrorisés, incapables d’avenir, accueillant néanmoins de bon cœur ceux qui voudront se joindre à nous dans cette prise en main collective et professionnellement décloisonnée.

 

5. Il sera alors temps de déclarer l’indépendance du Rez-de-Jardin : joyeux et ivres de liberté, nous entonnerons l’hymne triomphal (mais triste, parce que la vie est contraste) des Petits Lapins Blancs :

 

 

 

 

Et nous hisserons le drapeau bleu, blanc et gris du Jojoland.

 

drapeau-Jojoland.jpg

 

 

 

 

Nous négocierons ensuite, en position de force puisque détenteurs de l’accès au savoir, une clause d’extraterritorialité avec l’Etat français (l'organisation internationale de la vigne et du vin et l’office international des épizooties ont bien la leur, alors pourquoi pas nous ?) et nous oeuvrerons à une véritable société de la connaissance. Nous prendrons le contrôle des cuisines du Café des Temps perdus pour y faire ce qui nous plaît, et nous installerons des toilettes hi-tech dans les salles de lecture. Le jardin central sera transformé en immense potager bio, avec vignes itou, et nous y élèverons des moutons. La vie sera belle.

 

Préparez-vous donc, car l’avenir est en marche et qui sait ce que la rentrée BnF nous réserve, le 20 septembre.

 

A demain.

 

 

 

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 17:12

 

Aujourd'hui, je n'étais pas à la BnF...

 

Oui, je sais, je viens de foutre en l'air tous les efforts consentis ces derniers mois pour obtenir enfin ma Golden BnF Card. Tout est à refaire. Mais tant pis, j'y arriverai.

 

Un peu tourneboulé par cette faille spatio-temporelle dans laquelle je me suis retrouvé happé toute la journée, loin du Rez-de-Jardin et, je dois l'avouer, expérimentant d'étranges réactions physiques dues sans doute à mon sevrage accéléré du Menu trio, j'en ai profité pour explorer un petit peu plus sérieusement un outil unique que la BnF met à notre disposition : SINDBAD.

 

Bien que ce Sindbad-là n'ait rien à voir avec le marin bien connu, il n'a rien à lui envier en matière d'aventures. On peut ainsi passer des heures à voguer, enfin, à surfer sur Sindbad, notamment dans la partie fascinante constituée par les exemples de questions posées par des lecteurs, accompagnées de leurs érudites réponses afférentes, et tout simplement dénommée "Chercher une réponse". Delphique. La pythie n'a plus qu'à aller se rhabiller.

 

Je vous laisse avec un petit pot-pourri des questions les plus farfelues, auxquelles nos patients bibliothécaires, auxquels il faut rendre ici hommage, répondent toujours précisément, et avec tact. Elles ont égayé ma journée et m'ont fait me sentir un peu moins seul.

 

 

" Je recherche 5 proverbes en occitan." (réponse)

 

" Je voudrais trouver des livres capables de me stimuler dans ma vie, ceux qui parlent de la reussite et du succès, je ne sais où en trouver. Votre aide me sera tres précieuse. Merci d'avance!" (réponse) Un doctorant en fin de thèse?

 

" Selon les temoins de Jehova, comment va se derouler la fin du monde? Quelles phases comporte-t-elle?" (réponse). C'est louche : peut-on renforcer le contrôle vigipirate à l'entrée, s'il vous plaît ?

 

"L'éthique en stomatologie" [sic] (réponse). Comme quoi, la stomatologie est une science morale.

 

"Pouvez-vous me dire qui est le créateur des si beaux (et confortables) sièges de la BnF autour du haut de jardin et dans les salles?" (réponse) Fayot !

 

"Bonjour, je suis intéressé par la conservation du patrimoine vidéo-ludique effectué par la BnF, et j'aurais donc plusieurs questions [...]" (réponse) Moi aussi, moi aussi.

 

 

Et enfin, l'oscar BnF de la meilleure question revient à :

 

"Comment respire l'écrevisse?" (réponse). Le plus drôle, c'est qu'il y a une réponse.

 

 

Et dire que je pensais être un peu à l'ouest...

 

A demain.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 14:57

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

En cette fin d’année béhénéfienne, je lance un nouvel appel solennel à nos autorités, après celui, pour l’instant peu suivi d’effet, du Meetic BnF : Monsieur le Président Bruno Racine, Monsieur le représentant William Marx, je vous en conjure, écoutez-nous !

 

Le petit peuple du Rez-de-Jardin, tous ces lecteurs, chercheurs, doctorants…venus durant tout l'été et jour après jour, consciencieusement, occuper les salles de lecture, faire vivre les magasiniers et les bibliothécaires, dépenser leur argent en Café des Temps perdus, sans compter, en un mot, faire tourner la boutique : que demandent-ils aujourd'hui, pour être heureux ? Je vais vous le dire : ils demandent une carte de fidélité BnF !

 

Oui, une carte de fidélité. Un témoignage de gratitude minimal de la part de leur maison BnF, qui vienne récompenser leur assiduité, leur engagement sans faille et leur investissement de tous les instants vis-à-vis du Rez-de-Jardin. Combien d’heures de BnF cumulées affichent-ils à leur compteur, ces trimeurs du sous-sol ? Combien de journées d’été dénaturées pour ces humbles de corps mais non d’esprit qui, six fois par semaine, se lèvent matin, résignés et pâles, avec encore, parfois, un zeste de combativité s’attardant dans un coin de leur regard torve, pour refaire leur trajet BnF, tandis qu’au bord de toutes les mers d’Europe, leurs amis d’enfance, ayant bifurqué au bon moment, eux, s’éveillent tranquillement vers onze heures, pour se demander si ce sera plutôt piscine ou bien plage aujourd'hui ?  Combien d’itérations de ce désormais si bien connu parcours du combattant que constitue la descente en bibliothèque de recherche ? Ne pensez-vous pas, ô autorités, que cet esprit de sacrifice, jamais pris en défaut, mérite un petit quelque chose ?

 

Je vous propose donc un moyen simple et gratifiant de rétribuer la constance et d’illuminer un peu la vie terne de ces êtres d’obscurité et de moquette rouge que nous sommes : la Golden BnF Card.

 

La Golden BnF Card, comme ses consonances exotiques l’indiquent, est une carte privilège. Un must du Rez-de-Jardin. Elle récompense les meilleurs seulement, l’élite du lectorat BnF. Pour pouvoir y prétendre, il faut en effet cumuler 180 jours ouvrables consécutifs de présence en Rez-de-Jardin (c'est-à-dire à chaque fois une entrée + au minimum quatre heures de présence avant sortie définitive), ce qui correspond donc à trente semaines consécutives de Rez-de-Jardin, sans rater un seul jour (sauf les dimanches) et sans avoir retardé son heure d’arrivée plus de cinq fois au total sur la période. L’obtention de la carte peut être révoquée à tout moment si le détenteur reste plus de cinq jours ouvrables absent des salles de lecture. La Golden BnF Card, ça se mérite !

 

Pour vous motiver un peu (mais en avez-vous vraiment besoin ?), j’énumèrerai rapidement quelques-uns des avantages sans prix auxquels vous donne droit l’obtention et la possession de la Golden BnF Card.

 

Avec la Golden BnF Card, travaillez plus pour travailler plus. Tout détenteur de notre carte exclusive verra en effet son nombre de livres empruntables multiplié par deux. Surtout, il aura l’insigne privilège de pouvoir choisir, chaque jour, la place de son choix : priorité absolue pour les détenteurs, avec arbitrage au plus grand nombre de jours consécutifs en cours pour les conflits de place entre deux détenteurs de la Golden BnF Card.

 

La Golden BnF Card fait durer le plaisir. Pourquoi partir à 20h tous les jours ? Combien de fois vous est-il arrivé de pester contre le monde entier, et même contre dieu BnF, avouez-le, en essayant de terminer à tout prix d’annoter un ouvrage, à 19h59, pendant que nos amis agents de salle vous crient dans les oreilles en essayant de retirer la chaise sous vos fesses ? Avec la Golden BnF Card, bénéficiez d’une heure supplémentaire tous les jours et restez ainsi jusqu’à 21h. En bonus, tenez-vous bien, vous pourrez demander à bénéficier d’une soirée « BnF Night Fever » par semaine, j’ai bien dit : par semaine. Toute une nuit de Rez-de-Jardin chaque semaine, rien que pour vous, sans limites. Vous ne rêvez pas.

 

La Golden BnF Card vous ouvre les portes de l’Eden. Grâce à elle, vous pourrez satisfaire un des phantasmes les plus répandus en Rez-de-Jardin : un tirage au sort mensuel permettra en effet à tous les détenteurs de la Golden BnF Card de tenter de gagner un apéro en jardin central avec Jojo BnF ! Oui, grâce à la Golden BnF Card, vous pénétrerez, par une petite porte dérobée, dans l’Eden interdit et rencontrerez notre dernier lapin vivant. Avec lui, vous pourrez faire un tour en toute liberté dans le jardin central, jusqu’à la piscine à bulles privée qui se trouve en son centre. N’oubliez pas votre maillot !

 

La Golden BnF Card raccourcit les distances pipi. Grâce à la Golden BnF Card, plus besoin de partir en trecking – toilettes tout l’après-midi, avec le risque toujours latent de trouver porte close pour nettoyage. Non, votre carte vous donnera accès anytime aux toilettes du personnel, quelque part derrière le treillage métallique, là-haut, près des loges microformes.

 

La Golden BnF Card, enfin, fait péter le bouchon. Grâce à elle, vous pourrez faire fructifier votre amour immodéré du Menu Trio, puisque pour 10 Menus Trio achetés, le onzième est offert à tout détenteur de la Golden BnF Card. Mais ce n’est pas fini : pour 30 Menus Trio dégustés, le Café des Temps aura le plaisir, que dis-je, l’honneur de vous offrir une bouteille de champagne Veuve Jojo, cuvée spéciale BnF !

 

Elle est pas belle la vie ? Grâce à la Golden BnF Card et avec un peu de prévoyance, le champagne de votre pot de soutenance est tout trouvé. Reste plus qu’à finir la thèse.

 

A demain.

 

 

 

 

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 16:21

 

Aujourd'hui à la BnF...

 

Rien. C'est dimanche.

 

Profitez-en pour commencer à planifier vos prochaines vacances (mais si, souvenez-vous : du 6 au 19 septembre, pendant la fermeture annuelle du Rez-de-Jardin) : voici quelques idées de destinations exotiques, homologuées BnF.

 

Et comme c'est notre dernier dimanche avant fermeture, et avant rentrée universitaire, deux vidéos pour méditer sur les petites cruautés du champ scientifique :

 

1. Une vidéo amateur montrant comment mon directeur de thèse m'a jeté et enfermé en Rez-de-Jardin : j'y suis resté depuis.

 

2. Une autre allégorie sympa des moeurs cannibales du monde de la recherche. J'ai reconnu quelques collègues de labo et de colloque parmi eux...

 

A demain.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 09:31

 

Aujourd'hui à la BnF...

 

Pas de gagnant du grand concours photo BnF, cette semaine, par manque de matière première. Le Magnum d'or du samedi sera donc pour moi. Mais je compte sur vous pour vous rattraper et m'envoyer vos photos du Rez-de-Jardin d'ici samedi prochain, le dernier avant fermeture...

 

En attendant, je vous laisse avec la photo-mystère hebdomadaire à décrypter (bravo à Guillaume d'avoir trouvé ce qui se cachait derrière la photo de la semaine dernière) :

 

T-shirt2.jpg

 

 

 

Je vous laisse, sinon, méditer ce samedi sur un petit exercice oulipien casse-pompon :

 

 

*

 

Pompons

 

Pondons ponctuellement un répons ponto-oulipien :

 

A : Quel fripon ce Dupont, le ponte du Café des Pompettes : il est pin-pon ! Il nous ponctionne à l’Al-Capone sur ses pommes Pompadour et son Pomerol !

B : Ras le pompon de ce pompiste ! En plus, il nous pond des topoi peu pondérés et pontifiants sur Papon et il nous pompe avec des coupons sans ponctuation sur des pontifes à la Pompée et des pontarques de l’Hellespont (ou était-ce du Pont ?).

A : Quel ping-pong de poncifs pour capon pontifical ! Pomposo, je te dis, ce tapon surpondéral en poncho pontique. Je lui souhaite triple pontage !

B : Sacripon, oui ! Coupons les ponts avec ce ponté pongidé. Mais chipons-lui sa Pontiac, ses tampons ponctiformes et ses typons : ne le loupons pas, le poupon !

A : Topons-là ! Puis, échappons à poney, à robe ponceau, et campons sous les ponts à Pontarlier, ou à Pont-à-Mousson... Ou bien chez les Ponots ?...Mais réponds !

B : Et à Pompéi ? Tout de pongée ou de crépon vêtus ?...Non : Pondichéry ! Attrapons-y et soupons-y de pompeux pomélos et étripons des chapons, tels des pongos en crampons du ponto-pliocène.

A : Tripons plutôt au Japon ! De pomponnées pom-pom-girls en jupon ponceront nos harpons de pompiers nippons, sur les pontons face au ponant…

 

C : Nous dérapons. Ce Dupont n’est pas le tapon que vous dépontillez : c'est mon bon pote Paul, qui pontifie sur Pol-Pot à Pompidou (pour sa thèse en lapon sur le Cambodge).

 

A et B : Ah pon ?

 

*

 

Décidément, il est plus que temps que la BnF ferme ses portes annuelles, je commence vraiment à être à côté de mes pompes.

 

Je vous laisse en musique...et pon et pon, petit patapon...

 

 


 


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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 11:16

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

Je suis descendu en Rez-de-Jardin avec mon parapluie.

 

Oui, un peu à l'ouest le DoYou, fatigué. C'est vendredi. Rassure-toi donc, fuites et infiltrations ne sont pas, à ma connaissance du moins, un nouveau problème à rajouter aux défauts de conception du bâtiment par notre dieu BnF . J’ai juste fourré dans ma jolie mallette transparente tout ce que j’ai pu trouver dans mon sac, y compris mon parapluie pliable pour jours de gris. Cet incident cocasse m’a valu les regards amusés, et apitoyés, de nos amis les maîtres du vestiaire. Il m’a surtout rappelé que je n’avais rien dit, encore, de cet élément essentiel de notre vie BnF.

 

Que serait le Rez-de-Jardin, en effet, sans ce double purgatoire d’accueil, à l’est et à l’ouest d’Eden? Après le rigoureux contrôle vigipirate à l’entrée (aussi efficace, sans doute, que nécessaire ; mais si, voyons), le vestiaire est à la fois notre dernière étape de monde extérieur avant les escalators, et notre premier contact, encore indirect, avec le monde enchanté des salles de lecture, par l’intermédiaire de ces jolies containers de plastique qui nous suivront toute la journée. La mallette matinale en plexiglas, un must griffé BnF, est devenue pour moi aussi essentielle à mon bien-être quotidien que le Menu Trio de midi.

 

Le vestiaire est ainsi notre sas à métamorphose, le comptoir commun de transmutation, qui nous permet d’endosser le costume psychique du chercheur de fond, du pur esprit travaillant en sous-sol sans attributs extérieurs de superfluité : un ordi, pour les modernes, stylo bloc-notes pour les puristes, un ou deux livres de temps en temps, éventuellement une bouteille d’eau : l’attirail du mineur BnF est simple et fonctionnel.

 

Evidemment, je parle là du modèle « standard ». Ici, comme ailleurs, la diversité est la règle et les sorties de vestiaire réservent parfois quelqu’originalité. Un parapluie dans une mallette alimentera pour la journée les conversations des gardiens qui s’ennuient. Un lecteur stressé, ayant oublié que la BnF bénéficie du dépôt légal, demandera, sans sourciller, deux mallettes s’il vous plaît et un sac plastique aussi j’en aurai besoin ou plutôt deux oui merci, pour pouvoir caser ses nombreux et propres livres, déménagés chaque matin de la maison. Le frileux a prévu le gros pull d’été en V et l’écharpe de mémé (et le bonnet, tu y as pensé ? Non, parce qu’on ne sait jamais). On repère également rapidement les nouveaux, ceux qui n’ont pas l’air d’avoir encore compris les attraits du Café des Temps morts : en prévision d’une longue journée, on les voit sortir de leur sac banane et pépitos, barre énergétique et tupperware chamarré, voire figues séchées et Toblerone pour sustentation ponctuelle de cerveau publiant. Les plus déprimés, quant à eux, auront pris soin de camoufler en bouteille d’Aquarelle leur indispensable vodka d’oubli.

 

Mais ceux que j’envie le plus, pour ma part, ceux que j’admire, sont sans conteste ces anarchistes du vestiaire, ces contempteurs des règles universelles, qui déposent leur sac sans rien en retirer, bouche en sourire, ne demandant même pas de mallette. Et ils s’en vont, mains dans les poches, la frange légère et offerte à la brise, se promener à la surface. Ô veinards rusés ! Que j’aimerais, comme vous, repartir libre, après avoir confié mes affaires aux casiers du vestiaire et sortir dans le monde me balader, l’esprit tranquille et quasi innocent, ne songeant même pas, sacrilège délicieux, à libérer sur le système de réservation ma place pour en faire bénéficier un congénère agacé qui attendrait, en banque d’accueil, qu’une chaîne se libère pour lui dans notre caverne.

 

Ce bref bestiaire du vestiaire ne serait pas complet, enfin, sans une évocation émue des foules bigarrées qui peuplent un moment tout particulièrement agréable de notre journée BnF : la sortie, à 20h.

 

Qui chantera ces files d’attente processionnaires, ces guirlandes de piétineurs à cernes prononcés, tout décoiffés, et qui se suivent en bâillant ? Ils forment de zigue et zagants mille-pattes, doués, semble-t-il, d’une vie propre : il faut les voir, ces queues leu leu du soir, se contorsionner lentement autour d’une borne de réservation solitaire, plantée là incongrûment, comme pour servir de balise désorganisatrice, s'inventant à chaque instant en de nouvelles formes, adoptant des configurations inédites, revenant sur elles-mêmes en une double file titanesque ou, au contraire, s’étirant sans limite dans le hall, désert de moquette rouge écureuil et de stèles de verre indicatrices, tout prêt à accueillir leurs expérimentations géométriques.

 

Vestiaire d’entrée et de sortie, Léthé de bois clair pour chercheur fatigué, tu es le pré-Rez-de-Jardin, tu es l’après Rez-de-Jardin. Tu es l’alpha et l’oméga.

 

A demain

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 14:07

Aujourd'hui à la BnF...

 

Petit intermède. J'ai en effet en magasin quelques idées de lecture BnF, spécialement destinées à  tous ceux qui, en cette fin de mois d'août :

1. en ont marre de bosser "utile" ;

2. ont épuisé les ressources, pourtant abondantes, du libre-accès pour reconversion agricole.

 

La BnF est en effet assez bien représentée, non seulement sur Youtube, comme les Histoires du dimanche n'ont de cesse de vous le prouver, mais également dans le panorama littéraire contemporain.

 

Voici au moins deux exemples qui prennent la BnF comme cadre unique, ou important, de leur récit (je compte évidemment sur vous pour compléter cette liste work in progress) :

 

- Thierry Grillet, La Tour des Temps, éd. Anne Carrière, 2010 (un "thriller fantastique" pour égayer vos trecks-toilette, par le délégué à la diffusion culturelle de la BnF en personne : c'est pas du Flaubert, je vous le concède, mais ça a le mérite de parler de lieux bien connus).

 

- Winfried Georg Sebald, Austerlitz, C. Hanser, 2001 (qui se termine par une longue évocation nostalgique des mérites comparés de la BN, rue de Richelieu et de la BnF, Quai François Mauriac - merci à Maryline de me l'avoir signalé).

 

Je vous signale par ailleurs, soyons sérieux pour une fois, un billet du blog des lecteurs de la BnF qui fait le point sur la question du camp ou entrepôt nazi situé pendant la guerre à proximité, et que ces auteurs placent (apparemment à tort, mais je m'efface derrière les spécialistes) sous nos pieds.

 

Bon, et puis parce qu'il faut bien rigoler un peu quand même, je vous laisse avec une dernière référence biblio, BD celle-là, qui ressemble à une allégorie du champ scientifique.

 

(Je vous conseille d'ailleurs plus largement l'ouvrage collectif dont est tiré cet extrait, "13m28", pour vos longues minutes d'attente en Café des Temps).

 

A demain.

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 09:47

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai décidé, suite à de nombreuses et pressantes injonctions de lectrices et lecteurs enfuribondés, de vous livrer une partie de mon identité. Oui. Je tombe le masque.

 

En fait, je suis un Haut Fonctionnaire directement rattaché au cabinet de la Ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur, Madame Valérie Pécresse.

 

Fraîchement émoulu d’une grande école d’administration strasbourgeoisement décentralisée dont je tairai, par devoir de réserve, les trois initiales, j’ai reçu une formation classifiée et très poussée en management numérique au Ministère de la Défense. Après un long stage de perfectionnement en story telling politique et écriture webo-intimiste à la John Hopkins University de Baltimore, et un autre de formation intensive aux techniques de guérilla numérique à West Point, j’ai fini de peaufiner mon profil 2.0 par un MBA de gestion de profil facebook à HEC.

 

Paré à être largué derrière les firewalls ennemis, j’ai été recruté et nommé par Valérie Pécresse pour une mission spéciale, de la plus haute importance stratégique pour notre République. Cette tâche, ô combien difficile à mener à bien, je vous le concède, consiste à tenter de convaincre la « blogosphère » que les chercheurs sont vraiment de grosses feignasses qui ont du temps à perdre sur OverBlog.

 

Je sais, cette idée est vraiment très difficile à accepter et à faire passer dans l’opinion. Mais je me suis attelé avec passion et acharnement à cet apostolat.

 

Dans notre monde moderne, tout gouvernant consciencieux (en un seul mot) et responsable doit savoir s’adapter, en temps réel, aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, afin de les utiliser au mieux pour assurer la sécurité et la liberté de ses concitoyens et les protéger contre les agissements subversifs des minorités réflexives. Ces coupeurs de cheveux en quatre, ces écrivailleurs d’ennui, sapent en effet, jour après jour, par leurs spéculations improductives d’intellectuels monomaniaques, tous les fondements moraux de notre vie en commun, remettant en question l'autorité la mieux établie et les usages les plus éprouvés, suscitant chez nos honnêtes concitoyens le doute pernicieux et l’amour de l’inutile, du gratuit, ces chevaux de Troie de la subversion, alors même que nous vivons des moments de crise aiguë qui réclament au contraire l’unanimité des consciences et un agir volontaire.

 

Au cours des mes études prolongées, je suis donc arrivé à la conclusion, dûment validée par mon Ministre, que la meilleure arme que l’on pouvait opposer à ces inviteurs à tourner en rond  est sans conteste celle de la délégitimation par discréditation. A l’image d’Epinal du chercheur d’absolu, poussiéreux rat de bibliothèque érudit s’exprimant en latin, en équations ou en borborygmes bourdivins, j’oppose celle du chercheur dissolu, surfant à toute heure sur facebook et payé des sommes fantastiques à écrire sur blog ; en d'autres mots : à ne rien faire. Ah !, le chercheur volage, déconcentré, insouciant, enfermé à la BnF non pas pour travailler, oh non ! mais pour glandouiller sur Internet ! Avec la complicité coupable des plus hautes autorités bibliothécaires, ayant décidé (Inconscience !) d’installer à tire-larigot des câbles de connexion vers le web tentateur, nos chercheurs d’embrouille ont mérité de devenir la cible prioritaire d’une attaque de propagande - commando. C'est ainsi que j'ai créé Do you BnF ?, leur slogan de débauche, et Jojo BnF, le Lupin des Lapins, leur idole d’anarchie !


Tel est mon plan d’attaque. Madame la Ministre, Valérie Pécresse, m’a donné carte blanche pour agir et recruter à l’envi mes mercenaires à moi : j’ai ainsi pu créer, en un temps record, la première cellule numérique d'anti-réflexion par dilution logorrhéique. Souviens-toi donc toujours, petit, que derrière chaque pseudo-thésard déprimé de la blogosphère, tu trouveras peut-être un des fonctionnaires, bien mieux payés que toi, de mon escadron antithèse.


Et réjouis-toi, ô peuple de France, car le Rez-de-Jardin ne sera bientôt plus que Rasez-le-Jardin ! HA HA HA HA HA HA HA…

 

DoYou : HÉ-HO ! JOJO ! Je peux savoir ce que tu fous sur mon écran ? Non, mais ça va pas la tête !

 

Jojo BnF (mi-gêné, mi-amusé) : tiens, salut DoYou, ça va ? Fais pas la gueule, allez, je me marrais juste un peu avec tes potes…

 

DoYou : te marrer ! Mais t’es fou ou quoi ?! Tu veux me faire passer pour quoi, là ?! On peut même pas s’absenter deux minutes (façon de parler, vu la distance) pour aller aux toilettes sans que tu fasses des tiennes ? C'est vraiment pas très sympa, tu sais, est-ce que moi je…

 

Jojo : Ok, ok, c'est bon, stop. STOP !, j'ai dit. Allez, garçon, c'est bon, tu vas pas nous faire une attaque, non plus, hein ? C'était pour rire. Pour, rire : capisci ? T’as vraiment pas d’humour, mec...Allez, va, m'en fous, moi, j’me câaasse !

 

DoYou : HÉ-HO ! Pas si vite, Jojo ! HO ! Attends un peu ! JOJO !

 

 

Décidément, Jojo est un farceur.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 11:25

Aujourd'hui à la BnF…

 

J’ai retrouvé avec bonheur ma salle habituelle, mon port d’attache.

 

J’en avais été outrageusement exclu pendant quelques jours par le système informatique de réservation, sous le prétexte, facile et éculé, de la saturation complète de ma salle attitrée et parce que je n’avais pas eu la présence d’esprit de mettre de côté, un jour, à 9h15, un livre quelconque pour m’assurer d'une place le lendemain (précaution de base, pourtant, et si nécessaire par les temps qui courent). Aujourd'hui, je revis.

 

Pourtant, ma nouvelle salle ne me déplaisait pas tant que ça. J’y prenais même goût, petit à petit, y découvrant de nouveaux visages, apprenant peu à peu à en déchiffrer les modalités particulières et m’y adaptant docilement. Mais bon, quand même, c'est pas pareil, hein, on perd tous ses repères à la fin ! A commencer par ce début de familiarité amicale avec nos amis agents de la banque de salle : c'est qu’au bout de quelques mois d’échanges quotidiens, même très brefs (bonjour bonjour tendre sa carte consultation d’ordi escapade vers casier retour avec pile de livres, scan, scan, scan, scan…voici merci beaucoup bonne journée à vous aussi) on commence à se connaître et on se sent un peu solidaires et co-responsables de notre salle d’affectation principale.

 

Je suis donc de retour et heureux. Mais un peu nostalgique aussi, je l'avoue. Eternel mécontent, je regrette déjà les quelques habitudes que j’avais prises là-bas, dans l'autre salle, notamment ces longueurs à parcourir avant le Café des Temps, ces traversées épiques et joyeuses, mains dans les poches, en dromomane gourmand, avant le menu trio. J’ai donc ressorti mes carnets de la semaine dernière, qui me semble déjà si éloignée dans ma mémoire, le journal de bord dans lequel j’ai noté quelques impressions que je relis aujourd'hui avec plaisir, depuis mon présent retrouvé. Extrait.

 

 

Mercredi 18 août.


Je commence à m’habituer à ma nouvelle salle, comme, après l’été, l’élève que nous fûmes prend peu à peu le pouls d’une nouvelle classe, apprend à saluer ses nouveaux camarades et retrouve avec les quelques anciens des régularités familières, lentement mises en place tout au long de l’année écoulée, s’écartant peu d’un noyau bientôt fixe mais qui laisse néanmoins une marge de manœuvre à l’habitude, que celle-ci emploie à jouer avec elle-même pour former l’image trouble mais entêtante d'une fragilité.

 

De même, chaque matin, en arrivant dans ma salle nouvelle, celle qui m’a été aléatoirement attribuée par un système de réservation désormais continuellement saturé, celle que je suis parvenu à arracher par bonheur à la foule nombreuse de mes avides compères d’érudition, alors que la lumière oblique d’un matin d’estompe caresse, quadrangulaire, le béton de piliers réguliers, je dépose les livres du jour sur ma table et, pas tout à fait réveillé encore, relevant légèrement la tête, j’interroge en silence la compagnie. Bonjour, dis-je des yeux, bouche en sourire, à celle que je connais, là-bas, à dix heures. Bonjour, affiché-je aussi à la cantonade, presqu’ intentionnellement, pour mes inconnus de tablée, trois travailleurs concentrés soucieux de respecter l’arrivée du nouveau comme on respecta la leur, naguère, silencieux eux aussi, mais évaluant l’intrusion timide du coin d’un œil souple et vigilant. Installation, branchement, verrouillage. Je suis prêt.

 

Avec l’augmentation progressive de notre nombre au cours de la matinée, ces évaluations rapides des arrivants prendront de plus en plus ouvertement le tour d’une expertise furtive, mais entière, du quidam, par détournement de la tête sur tronc immobile. Pour l’instant, nous restons timorés et la retenue n’autorise entre nous qu’une brève prise de contact à vue, qui fournira à notre petite société l’orientation nécessaire pour coexister sans y penser, d'abord jusqu’à ce soir puis, peut-être, recommencer demain. En deux ou trois jours, nos mœurs se seront réglées les unes sur les autres, un usage se sera créé entre nous, cette répétition qui fait de chaque matin des demi-retrouvailles. Nous nous reconnaissons déjà, liés par un réseau de relations infinitésimales qui organisent insensiblement nos journées, au rythme universel du bruit de nos tambourinés claviers tapotés martelés. Les regards d’accueil sont, chaque jour, un peu plus appuyés ; une commissure, même, se relève de-ci de-là pour accueillir le collègue d’ennui et lui signifier une sympathie d’autant plus sincère qu’elle est demandeuse de réciprocité. Une entente implicite, non-dite, s'établit peu à peu.

 

Il arrive, cependant, qu’un évènement extraordinaire introduise un soubresaut inattendu dans ce quotidien en cours d'accordement : une mésentente passagère sur la prise de courant assignée à deux places côte à côte provoque un échange amical, et bienvenu car il rend peut-être possible, dans l’avenir, de nouveaux petits titillants dialogues de ce genre, qui rétablit promptement le flux tranquille de l’écoulement du temps, perturbé quelques secondes par cet incident sans gravité ; plus rarement, une altercation brusque commotionne pour longtemps une tablée entière lorsqu’un égotiste refuse, sans autre raison apparente qu’une grognonnerie mal assumée, de négocier l’utilisation du câble Internet que deux places en regard se partagent par nécessité, mais qu’il s’est accaparé unilatéralement. Regards désapprobateurs et non-interventionnistes des camarades du débouté, prêts à ne rien faire mais à soutenir toute initiative personnelle de rabrouement du briseur d’harmonie.

 

Heureusement, ma nouvelle salle accueille peu de ces aigris bougons, souvent de vieux mâles décrépits, si âgés que je ne peux m’empêcher, pourtant, de les admirer et les comprendre un peu : combien d’années de Rez-de-Jardin de plus que moi comptent-ils derrière eux, ces râleurs à baccantes, ces vies de savoir amoncelé ? Combien de ces séries de désillusions subies, ruminées, niées, révoltées et, finalement, acceptées, que je commence à peine à entrevoir ? Ils participent, à leur manière, à l’attrait paradoxal de notre cloître sombre, eux qui font ressortir, dans le contraste bougon de leur antipathie machinale, la lueur sous-jacente de nos salles discrètes.

 

On s’y sent bien, dans cette nouvelle salle. Imperceptiblement domestiquée, elle imprime heure après heure dans notre imagination ses proportions propres et les rapports particuliers qu’entretiennent entre elles ses spécificités, pourtant si semblables à celles des autres salles du Rez-de-Jardin, mais qui aménagent en nous la mémoire unique et jamais tout à fait acquise d’un futur souvenir.

 

C'est l’heure. Dans quelques minutes, les salles de lecture vont fermer, nous vous prions de bien vouloir regagner la sortie. Ladies and gentlemen, in a few minutes the reading-rooms will be closed, please head toward the exit. »

 


A demain.

 

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