3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 18:19

 

Aujourd'hui à la BnF...

 

 

Une bonne et une mauvaise nouvelle.

 

La bonne, c'est que d'après nos dernières informations, transmises par des agents de Jojo en interne, la cane et ses canetons seraient vivants et se porteraient bien. Jojo est toujours à leur recherche, et il se pourrait bien qu'il dégote une interview exclusive d'ici peu.

 

La mauvaise, mais qui est aussi sous un autre aspect une bonne nouvelle (que la vie est complexe), c'est que le Jardin central sera ouvert ce week-end aux visites publiques dans le cadre de l'opération "Rendez-vous aux jardins". C'est pas une blague : "Rendez-vous aux jardins : visitez la BnF!".

 

Va y avoir du monde dans l'Eden !

 

Jojo est sur les dents, prêt à se terrer pendant deux jours pour éviter d'être repéré. Quant aux canards, qui sait ce qu'il adviendra d'eux.

 

Si vous passez par le Jardin central ce week-end, regardez-bien s'ils ne se cachent pas dans un coin. Coin.



Repost 0
Published by Do you BnF ?
commenter cet article
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 14:32

 

Aujourd'hui à la BnF...

 

 

Plusieurs témoignages concordent : le Jardin central aurait de nouveaux locataires ! Selon les mieux informés, une cane (et ses canetons) aurait élu domicile en Eden, cherchant sous les arbres un refuge champêtre pour ses plumes fatiguées. Un être à palme dort, aujourd'hui, en Jardin central...

 

Jojo est fou de joie, mais surtout d'inquiétude, tant le souvenir de la Grande expulsion l'étreint encore. Il voudrait aider sa commère la cane à éviter les sapeurs du Rez-de-Jardin, mais il n'a pas pu, pour l'instant, entrer en contact.

 

Aidez-nous à sauver nos amis palmidés, et envoyez-nous toute information, photo, numéro de portable ou adresse e-mail de Madame Cane susceptible de mettre Jojo sur la voie : il faut mettre à l'abri cette mère et ses petits avant qu'il ne soit trop tard.

 

Tous ensemble :  yes, we cane.

 

 

(si les photos sont au rendez-vous, on pourrait même songer à attribuer un Magmum d'or spécial, en souvenir du bon vieux temps...)

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Magnums d'Or
commenter cet article
27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 17:54

 

Aujourd'hui, loin de la BnF...

 

C'est dimanche. Pour le thésard du Rez-de-Jardin, le dimanche est un jour triste, car c'est un jour sans. Un jour sans BnF. Ô nostalgie dominicale et saudade du Café des temps perdus !

 

Mais le thésard est pragmatique. Il sait tirer profit de toute situation de détresse. Depuis longtemps, il est ainsi parvenu à faire du dimanche un jour multifonctions.

 

Ainsi, le dimanche du thésard fait office à la fois :

 

- de week-end (ce qui donne lieu à la réplique traditionnelle "Oh yes ! C'est dimanche, c'est le week-end ! - Et meeerde : c'est dimanche, il est fini !").

 

- de vacances (si on lui ajoute le lundi matin, jour de fermeture hebdomadaire du Rez-de-Jardin, qui permet au thésard d'avoir l'illusion d'une demi-RTT).

 

- de washing-day (lavomatic pour les éternels étudiants / programme laine-essorage en douceur pour les plus installés).

 

- de streaming-day (car comme disait Nietzsche, grand amateur lui aussi de Mégavideo :  "nous avons l'art, afin de ne pas mourir de la vérité").

 

- de revue de presse hebdomadaire ("Tiens, y' avait des cantonales aujourd'hui ?").

 

- de moment de socialisation (pot avec les amis, plus si affinités).

 

- de révolution gastronomique ("Allez, aujourd'hui, sevrage du menu trio, je m' fais du riz complet").

 

- de jour de ménage (mais vite fait, faut pas non plus trop déconner).

 

- de jour de ménage mailistique ("132 spams jetés, 32 mails répondus, 87 classés, 63 en attente : honorable").

 

- de mise à jour bloguistique ("Bordel ! ça doit faire 32 ans que j'ai pas écrit sur mon blog, je vais perdre mes derniers fidèles. Fais quelque chose, Do you; think !).

 

- etc.

 

Mais bon, pour le thésard sérieux (i.e. en retard dans sa rédaction), le dimanche, avouons-le, c'est aussi un jour de boulot. Surtout quand ce dimanche-là prend la peine de vous bouffer une heure de vie pour cause de passage à l'heure d'été. Alors le thésard, contrit mais fier, se lève tôt et commence sa journée par un web-café soluble sur le canapé, histoire de retarder un peu le moment fatidique du come-back vers le dernier problème de rédaction en date.

 

Et ce matin, mon sunday surfin'  fut bénéfique : j'ai découvert un site chaleureux et solidaire pour thésards du dimanche, un de plus :

 

http://thesedemerde.fr/

 

Pas besoin de vous faire un dessin.

 

C'est sympa de retrouver des congénères (en un seul mot). Evidemment, tomber sur ce site un dimanche matin à 8h07 parce que, levé à 7h30 (heure d'été) pour avancer la rédaction de sa thèse, on n'a pas vraiment le courage de s'y remettre encore, je vous concède que c'est un peu navrant...TDM

 

A bientôt

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Histoires du dimanche
commenter cet article
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 19:17

 

...jusqu'à nouvel ordre.

 

Do you a trop de boulot en ce moment, le pauvre. ll fait un gros travail de terrain et récolte plein d'infos en BnF, à plein temps, pour ses futures chroniques. On vous tient au courant.

 

Allez, je vous laisse, j'ai une année du lapin à gérer moi

 

Jojo

 

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Jojo
commenter cet article
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 15:39

 

 

Un dimanche indéfini, à la BnF…

 

 

Une ombre s’avance sur le parvis, menue, rapide et sautillante. Tout est glacé (vent du nord), et soleil à grands aplats. Jojo rase les murs de verre de la Tour des Lois. Il se presse, n’aimant pas trop s’aventurer à découvert par les temps qui courent. Trop risqué.

 

Personne à part lui sur l’esplanade, pour le moment. Il a bien calculé son coup. Avant d’être repéré, il s’approche du trou secret qu’il s’est ménagé dans le plancher, depuis déjà longtemps. Il actionne la planche arrangée qui bascule dans un bruit sec. Furtif, Jojo se glisse dans l’ouverture et remet la planche en place derrière lui. Tout baigne. Retour au bercail.

 

Il serait bien resté un peu plus longtemps en vacances, le Jojo, parce qu'il en a un peu sa claque du Rez-de-Jardin, le Jojo. Pour une fois qu’il s’était trouvé un p’tit coin sympa où squatter pépère, chez son bon pote Baraton à Versailles, carottes et Ardbeg 16 ans d’âge à l’œil et volonté, voilà que Do you fait des manières. - Jojo, faut que tu rappliques, et fissa. J’ai trouvé le moyen de te faire élire représentant des usagers avant 2013. – C'est pas vrai, garçon, tu déconnes ? – Non, non, mais faut faire vite. Ya pas vraiment de temps à perdre. W. Marx est sur ma trace. – Ok, ben dis-moi, Do you, grouille. – T’es fou ou quoi, pas par téléphone ! Trop dangereux. Ramène-toi, demain, 13h, en salle O, aux loges à microfiches. – Mais c'est dimanche, Do you, t’as pété un câble ? – T’en fais pas, j’ai fauché le passe à Rez-de-Jardin d'un agent ce matin, j’y serai. Clic. Il se complique un peu la vie, le Do you, mais bon, il est bien brave, va. Allez, descente.

 

Jojo s’engage dans le passage privé qu’il s’est concocté dans les coulisses du bâtiment BnF, discrètement. A coups de dents qu’il se l’est fait, ce tunnel maison, en connectant quelques bouches d’aération à deux ou trois gaines électriques, tout ça pour relier son terrier en Eden central au monde extérieur. C'est bien pratique. Quelques virages et descentes en rappel plus loin, le voilà rendu à la bifurcation qui lui permet soit de plonger vers son terrier, soit d'aller vers les salles, emprunter quelques livres pour les soirées d’hiver. Il s’engage à droite. Rendez-vous en salle O, rendez-vous en salle O... C'est pas très prudent, garçon. Faut pas se faire choper quand même. Bordel.

 

Débouchant sous les marches du Café des temps perdus, Jojo s’arrête un moment. Il scrute. Il écoute. Pas un chat. Se décidant, le voilà qui plonge le long de la paroi de verre (se camoufler un maximum des caméras), progressant par à-coups, de montant d’acier en montant d’acier. Dix minutes plus tard, parvenu devant l’entrée de la salle, Jojo bondit et, dans un silence de mort, il pénètre en salle O.

 

Vide et solitude. Banque déserte, chaises alignées. Livres parqués. L’impression de marcher dans le couloir de la mort. Enfin, j’imagine. Enfin, sans les tables, quoi, et puis avec la chaise électrique au bout, tout ça. Ok, c'est pas non plus pareil, mais bon…enfin bon, on s’en fout : « L’impression de marcher dans le couloir de la mort ». De tablée en tablée, Jojo se dirige vers les loges à microfiches, vers l’antre obscur de la salle aux noirceurs éternelles.

 

Il s’approche et tente un faible Do you ? T’es là ? Réponds, bordel !

 

Rien.

 

Bis.

 

Toujours rien.

 

Il flippe un peu, quand même. Les chocottes. Faut pourtant aller voir. Ouais, faut bien y aller. Prudemment, il rampe jusqu’au coin formé par la première loge à microfiches, en crotale. Millimètre à millimètre, il risque une oreille, puis deux, la moustache, et puis l’œil.

 

AAAARRGH ! Stupeur-révulsion oculaire. Commotion d’adrénaline et vomis dru.

On a tué Do you !! Do you ! Do youhouhoouhouhou !!!

 

Ou plutôt, non, c’est pas tué qu’on l’a, le Do you, c’est vidé, écharpé, dépiécé, disséqué vivant et déployé sur le sol. Des lamelles de chair traînent un peu partout, mais méticuleusement alignées, comme pour la parade, reformant sur la moquette les organes extériorisés de Do you, un intestin par-ci, le foie par là, les lobes cérébraux un peu plus disséminés. On dirait du Von Hagens hardcore. Seule la tête de Do you est intacte, conservant un air de panique qui fait crier Jojo, râle, stridence, il devient complètement fou et il commence à…

 

MAIS HO ! JOJO ! Je peux savoir ce que tu fous sur mon écran ? ça va pas la tête !! (dit Do you tout rubicond).

 

Tiens, Do you, ça boume ?(dit Jojo angélique)

 

Do you : mais t’es débile ou quoi ? Je peux pas faire ma pause café tranquille sans que tu fasses du clavier-jacking ! Et pour des trucs…des trucs...mais vraiment dégueu, en plus ! T’as trop lu Houellebecq, toi, ça te porte sur le système. Tu sais que tu viens de commettre un plagiat monumental, en plus, je pourrais te dénoncer à Bruno Racine et à Slate.fr, ils te feraient ta fête.

 

Jojo : ça va, ça va, tu vas pas non plus nous pondre un âne, ho ! C'est bon, j’ai compris que tu comprenais rien à l’art moderne. T’es lamentable. Moi qui allais faire de toi une star. T’es vraiment trop naze, Do you. Et moi, j’me câasse. Tschüssie.

 

Do you : Attends un peu Jojo ! JOJO ! Bordel, mais ça devient une habitude ou quoi ?

 

Enfin bon, content de l’avoir retrouvé quand même, le lapinolourdaud. Il m'a manqué.

 

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Jojo
commenter cet article
17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 17:00

 

Hier à la BnF…

 

 

Avouons-le tout de go : j’ai merdé.

 

Pourtant, tout avait bien commencé. J’avais planifié une belle et grande journée de travail, comme à l’accoutumée, vivifié que j’étais par les bourrasques amènes, et désormais familières, du parvis d’arrivée, notre esplanade aux cheveux fous et à la jupe apesanteur. Quelque menu désagrément d’entrée (descente par la face ouest interdite hier, pour cause de grève justifiée) n’avait pu entamer mon entrain et j’avais profité de l’occasion offerte d’un long tour de cloître BnF pour admirer, l’œil presque neuf et vus d’en haut, l’Eden central et ses arbres à tenseurs. Sas agréable avant la plongée ! Quelques pages d’écritures actuelles, rapidement feuilletées à l’espace librairie du vestiaire est, et un deuxième tour de cloître en sens inverse et à raz de jardin plus tard, me voici attablé, prêt à en découdre. Il est quatorze heures et trente-six minutes, la journée du thésard peut démarrer.

 

Illusion ! C'est à ce moment précis que, ressentant comme un engourdissement qui montait et se diffusait lentement, mais inexorable, depuis les omoplates et auquel tout à coup répondait, comme en écho, la même chaleur pressante émanant cette fois-ci de mon lobe temporal, je ne pus faire autrement que de m’affaler sur ma table, terrassé. J’eus presque le temps de penser « Dodo Doyou, mais pas longtemps », et puis je m’endormis.

 

Inutile de vous faire un dessin. Le Doyou vautré sur sa table, tête et joues écrasée sur l’avant-bras, un léger filet de bave lui coulant de la commissure droite au bout de quelques minutes : la honte, quoi. J’imagine a posteriori mes pauvres voisins de tablée frémir à chaque inspiration, redoutant l’apparition si prévisible du terrible ronflement du chercheur. Et s’apitoyant un peu quand même. Mais comment Doyou en était-il arrivé là, se demandaient-ils sans doute. Comment ce bourreau de travail, cette force de la nature, capable de rédiger un article en six mois et une thèse en moins de dix ans s’il le faut, s’était-il laissé ainsi prendre au piège sopomorphique ?

 

Ben c'est pas très compliqué, bordel. Comme vous tous, Doyou est caféinomane et c'est ça qui le maintient en vie. (Certaines légendes racontent, il est vrai, qu’il existerait une espèce particulière de chercheurs, disséminée parmi nous, qui aurait réussi après de longues années de recherche en biologie moléculaire et en génétique quantique à modifier son codage ADN afin de pourvoir survivre en milieu hostile sans caféine. Il va sans dire que je n’apporte aucun crédit à cette thèse farfelue).

 

Mais voilà que, ce matin-là, j’avais omis ce détail essentiel dans la préparation sportive de toute descente en Rez-de-Jardin : l’enchaînement pourtant bien intégré qui consiste à ingurgiter une pleine cafetière au réveil, avant de s’envoyer le gobelet de dix heures et de terminer par la grande tasse de treize heure trente. Sans ce quasi litre de café dans le sang, je n’avais aucun espoir de passer la barre fatidique des quatorze heures trente-six, rémora insurmontable pour tout chercheur dans mon état.

 

Je me suis donc réveillé vers dix-huit heures vingt, penaud et langue pâteuse, conscient qu’il était désormais tout à fait inenvisageable de terminer ma thèse ce jour-là. Triste, résigné et tout bâillant encore, je me suis acheminé vers un gobelet de vie du Club des Lettres, délivré par la Café-Machine de substitution (le Café des temps perdus fermant à dix-huit heures).

 

Sur la route, je chantai, pour me redonner du courage, la chanson des décaféinés :

 

 

Couleur café

 

J’ai le teint couleur café

Je manque de café,

Je veux du café !

Je dois me remettre en transe.

Si je veux bien rédiger,

Me faut du musclé,

Du caféiné !

Evitons les somnolences.

 

Couleur café
Que j'aime ta couleur café

C'est quand même fou l’effet

L’effet que ça fait :

Ce p’tit gobelet

Evite que tête ne penche.

Si j’avais plus de café

J’aurais terminé

Cette thèse ratée

Je pourrais dormir dimanche.


Couleur café
Que j'aime ta couleur café

La thèse sans bol de café

C'est désespéré

Faut pas y penser

Allez, reprends donc une tasse !

T’en as marre du café,

Tu pisses du café,

Tu veux t’arrêter ?

Je crois pas que ça se fasse.


Couleur café
Que j'aime ta couleur café

 

 

 

Pour les puristes, et en guise d'hommage à S.G. :

 

 

 

 

(spécialement dédicacé à R.)

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Chansons BnF
commenter cet article
9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 18:07

 

Aujourd'hui à la BnF…

 

 

En cette veille de « semaine sociale » (j’ouvre une brève parenthèse : les raccourcis de la langue médiatique laissent souvent songeur le sociologue. Il y aurait donc des semaines plus « sociales » que d’autres, un peu comme il y aurait des semaines « paires » et des semaines « impaires » ? Fichtre. Je ferme la parenthèse), j’ai décidé, pour une fois, de traiter un sujet d’actualité : celui des retraites.

 

Loin de moi l’idée de m’immiscer dans le débat politique, rassurez-vous : en adepte fervent de la neutralité blogo-axiologique, je laisse ça à Jojo et à ses projets présidentiels. Je souhaiterais seulement apporter, depuis mon Rez-de-Jardin, une modeste contribution à la réflexion sur ce grave problème qui nous concerne tous : mais quand faut-il donc s’arrêter de travailler dans la vie, bordel ?

 

Si l’on scrute et interroge les habitants de la BnF, on s’aperçoit rapidement que la réponse à cette question varie sensiblement selon votre position dans le système de production rez-de-jardiniste.

 

Prenez Jojo, par exemple. C'est un rentier, lui. Il ne travaille pas. Il se contente de cultiver son jardin et de se servir ponctuellement dans les réserves de carottes du Café des Temps perdus, vers lesquelles, je le sais, il a creusé un tunnel secret depuis son terrier en jardin central. La retraite, pour Jojo, c'est sa vie, son quotidien. Il l’a déjà prise depuis longtemps, et sans rien demander à personne.

 

Prenez les chercheurs, à présent, nous autres quoi, le peuple aux paupières lourdes. Nous devons bien être une des rares catégories de la population française qui aujourd'hui met déjà en œuvre, et depuis longtemps, le projet politique du gouvernement : un chercheur, c'est bien connu, ça travaille toute sa vie. ça ne part pas à la retraite à soixante ans. Non. ça ne part pas à la retraite à soixante-deux ans. Non. ça ne part pas à la retraite. Point. Un chercheur retraité est un chercheur mort, et vice-versa. Il suffit de lever la tête, en Rez-de-Jardin, et de regarder un peu autour de soi pour s’en apercevoir : malgré l’hostilité évidente de son milieu naturel, le chercheur senior, et même le senior-plus, s’accroche. Pas caduc, le lecteur chenu aux feuilles persistantes. Et pourtant ! Que de glissades-sur-bois-exotique-avec-rupture-du-col-du-fémur-à-la-clé accumulées par nos anciens ! Que de tendinites du coude chronicisées à pousser ainsi, des années durant, les lourdes portes en âne mort de notre Rez-de-Jardin ! (C'est pas des portes coupe-feu qu’on nous a mis, à l’entrée, c'est des portes coupe-vieux.) Que de crises d’angoisse silencieuse surmontées, avec plus ou moins de réussite, par ces chercheurs à la prostate sensible qui ne savent jamais, en arrivant le matin, s’ils parviendront à éviter aujourd'hui encore l’inondation. Point de sarcasmes, non : je sais que c'est aussi ce qui m’attend, avec un peu de chance. Car oui, le chercheur BnF, le vrai, le bon, aspire à jaunir avec ses livres, à jubiler sans jubilé. Ou pas ?

 

Prenez maintenant nos amis agents BnF, en salle ou en magasin. Peut-on décemment leur infliger le même traitement ? Peut-on les obliger à rester, après soixante ans, à servir les rabougris et les pré-rabougris que nous sommes, nous, les marcheurs lents aux cernes sombres ? C'est inhumain ! Soixante ans de livres lourds à transbahuter, de TAD en banque et de banque en TAD. Soixante ans de magasins à sillonner, de vestiaires à remplir et à vider, de chaises à ranger, de livres à remettre en place ou à photocopier…C'est déjà trop. Et la pénibilité du travail alors ? C'est la même chose, d’ailleurs, pour nos amis employés du Café des Temps perdus. Il faut vraiment que les membres du gouvernement et notre omniprésident n’aient jamais assisté au spectacle poignant du service de 17h au mois d’août, pour qu’ils puissent sérieusement envisager de relever l’âge du départ à la retraite pour tout le monde, sans exception. Vous rendez-vous compte de l’effort fourni par ces travailleurs du Temps, obligés de servir leur petit goûter à trois cent chercheurs en l’espace de dix minutes, parce qu’on a tous décidés, en bons panurges académiques, de prendre notre café-cannelé à 17h, et pas à 16h30 ou à 17h15 ? Rendons-leur donc plutôt hommage et laissons-les plus tôt partir.

 

Délicate question, donc, que celle des retraites. Mais en écoutant nos hommes politiques en débattre, je me dis parfois qu’il y a certains métiers qui gagneraient peut-être à se voir imposer un départ à la retraite après dix ans de service.

 

A samedi prochain.

 

(à partir d'une idée-billet de Maryline)

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Do you
commenter cet article
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 17:15

 

Aujourd'hui, à la BnF…

 

 

Non, rien n’a changé. Les quatre tours vitrées qui grandissent à mesure que je m’approche, verticales verrières grisâtres sous la bruine parisienne. Les marches glissantes de bois exotique à gravir lestement, tel l’Isard chercheur des montagnes. Le parvis-patinoire luisant, en bois exotique. La glissade - salto arrière, sur bois exotique, avec son rétablissement artistique doublé d’une entorse au poignet. Le tapis roulant qui ne roule plus, imbibé comme un thésard à son pot de thèse. Les mesures Vigipirate renforcées, toujours aussi peu dissuasives (je croyais pourtant qu’on était au bord de l’écarlate). Et la petite mallette, le ticket vestiaire, les escalators d’enfer et nos amis agents...

 

Ah ! L'Eden, enfin retrouvé !

 

Quatre semaines d’exil, loin du Rez-de-Jardin, à ressasser sans cesser les souvenirs bien ancrés de mes journées BnF et à gémir de mon sevrage forcé du Menu trio et de magnums dorés. Quatre semaines à me repasser fébrilement, et en boucle, la vidéo d’évasion en regrettant un peu de l’avoir finalement réussie. Quatre longues semaines d’inactivité blogotique. Et quatre longues semaines d’attente et d’espoir trépignant.

 

Mais cela en valait la peine. Le plaisir, tu le sais bien, est d'autant meilleur que l'attente est longue : une satisfaction sagement et savamment différée peut subjuguer sans retenue. Me voici donc, fredonnant gaiement l’air des escalators, presque aussi doyoutant que lors de ma première descente. Le regard pétillant et la bouche en sourire, je m’avance dans les travées, tout excité d’être de retour. J’ai presque envie de m’agenouiller et d’embrasser la moquette rouge écureuil.

 

Evidemment, tout ne sera pas forcément rose ni facile. Comme dans tous les come back, il va maintenant falloir assurer. Retrouver ses repères. S’organiser. Et reprendre contact avec Jojo, surtout. Jojo ! Qu’es-tu devenu pendant mon absence ? Où es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ?

 

Rien n’est simple dans un retour, non. Les vieilles connaissances te sourient et hochent la tête amicalement, bien sûr. Mais tu perçois néanmoins dans leurs yeux une petite lueur d’orgueil, voire de défi, te confirmant illico qu’ils ont bien conscience de leur supériorité sur toi : ils n’ont pas raté, eux, la vraie rentrée BnF, celle du 20 septembre. Et te voilà te traînant piteusement, un samedi deux octobre, sans espoir déjà de rattraper le temps et les cafés perdus. Quant aux nouveaux, tout est à refaire avec eux. Il va falloir les amadouer, ces jeunes piranhas qui en veulent, et ces vieux tyrannosaures sur le retour. Les brosser dans le sens du poil, si tu veux avoir une chance d’accéder un jour au câble Internet qu’ils se sont évidemment approprié en ton absence. Mais c'est faisable, et ce sera fait. Tout est dans la ténacité. Patience et longueur de temps...

 

Et nos amis agents ? Toujours au poste, pardi !, jonglant comme d’habitude avec les ouvrages les plus abstrus et les plus lourds, et bien décidés à ne plus nous permettre d’incartade : cette année, ce sera 19h45 dernier délai pour réserver des ouvrages pour le lendemain, plus d’exception ! Et ils ont bien raison.

 

Je les soutiens dans leur combat d’autant plus que, de tous les habitants du Rez-de-Jardin, ce sont eux qui m’ont le plus suivi dans mon exil, même si c'est à leur insu. Pour faire passer le temps, j’avais en effet entrepris pendant ces quatre semaines de me repasser les œuvres filmiques complètes de mes acteurs préférés, à commencer par celles de Daniel Day-Lewis. Vous vous souvenez sans doute de cette scène mémorable, dans Gangs of New York, où le boucher / ex-lanceur de couteaux qu’il incarne fait monter sur scène Cameron Diaz, son ancienne assistante, pour un numéro « for the sweet souvenir ». Heureux comme un Doyou, je me suis repassé la scène en boucle afin de m’entraîner au lancer de couteaux dans ma cuisine, sur une effigie de mon directeur de thèse comme il se doit. Et c'est alors qu'est intervenu Monsieur mon subconscient., apparemment un peu marqué par mes histoires de Rez-de-Jardin. Facétieux, Monsieur mon ça m’a ainsi fait la surprise de rejouer pour moi la scène en rêve, avec quelques adaptations significatives : Day-Lewis était devenu un agent de salle (dont je tairai le nom) qui me lançait à toute vitesse et à tire-larigot des livres, les yeux  recouverts de deux badges blancs sur lesquels était inscrite la question : "Mais qui est Do you BnF?". Je devais quant à moi les rattraper et les porter en magasin avant que ne sonnent 19h45 et que ne retentisse la voix que nous connaissons si bien, annonçant la fermeture des salles…

 

Je me suis réveillé en sueur, mal à l’aise. Etait-ce finalement une si bonne idée que ça de vouloir retourner à la BnF ? N’étaient-ce pas là les premiers symptômes d’un dérèglement psychologique lancinant, que l’on pouvait certes déjà soupçonner du fait de la simple existence de ce blog, mais bon, quand même : n’avais-je pas passé un palier ? Qu’importe, l’avenir le dira et qui vivra verra. Pour ma part, je ne voulais pas me passer plus longtemps du Rez-de-Jardin et de ses joies nombreuses.

 

Heureux, donc, de vous retrouver pour quelques billets de plus.

 

A bientôt

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Do you
commenter cet article
4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 10:10

Aujourd'hui à la BnF…

 

 

ça y est, on ferme.

 

 

Après un été entier en Rez-de-Jardin, l’heure est venue pour nous tous de partir travailler sous d’autres plafonds, temporairement du moins. Je sais, c'est dur. L’Eden central va me manquer. Les menus Trio aussi, ces inimitables chefs d’œuvre de la sustente. Et Jojo, bien sûr, notre dernier lapin vivant, la terreur des sapeurs. D’après mes dernières informations, il serait en train de boucler ses valises pour aller passer la fermeture chez Alain Baraton, son pote du jardin de Versailles. Je crois qu’il souhaite lui proposer de devenir son Premier Ministre, lorsqu’il sera lui-même Président du Rez-de-Jardin libre et indépendant, quand la conquête du Rez-de-Jardin aura abouti. Un choix judicieux.

 

De mon côté, j’ai bien peur de me retrouver un peu perdu, sans BnF. Que faire désormais ? Où traîner mes guêtres de chercheur sans port d'attache ? J’avoue que cette question anxiogène a taraudé ma dernière semaine, à tel point que j’ai frénétiquement tenté de dégoter une bibliothèque de rechange, triste ersatz du Rez-de-Jardin, sans doute, mais peut-être au moins de quoi survivre d’ici le 20 septembre. Alors, pour t’éviter de te retrouver SBF, toi aussi, à partir de lundi, je t’ai concocté un petit guide des bibliothèques à hanter au moins une fois dans ta vie. Un peu d’exotisme ne te fera pas de mal et te permettra de revenir plus frais dans deux semaines dans ta salle préférée. Cela te permettra surtout de répondre à quelques questions existentielles persistantes :

 

Qui suis-je et d’où viens-je ? Une seule bibliothèque pour t’aider à le découvrir : la Bibliothèque généalogique de France.

 

Que crois-je ? Tu n’as pas vraiment eu le temps de t’interroger sur tes options religio-morales, cet été, vu que t’avais un article ou une thèse à finir, ou des chercheurs hargneux à contenter depuis ta banque de salle. Voici donc trois espaces de méditation qui te permettront, peut-être, de trouver ta voie :

 - La Bibliothèque du Saulchoir pour une retraite monastique autrement que sur le Paloma de Bolloré.

- La Bibliothèque du Grand orient de France, pour les clérico-allergiques.

- Le Centre d’études sur les religions tibétaines : si tu es vraiment perdu.

 

Non, mais sans déconner : qui suis-je ? Ok, ok, tu pourras aller plus loin dans la découverte de toi-même, peut-être, à la Bibliothèque de l’Ecole de la cause freudienne.

 

Comment remplir mes impôts à la « Eric Woerth Style » ? Je suis pas sûr qu’ils soient très coopératifs, mais tu peux toujours essayer la Bibliothèque des experts comptables et des commissaires aux comptes.

 

Que faire en cas de prise d’otage en Rez-de-Jardin ? D’abord, potasser au Centre de documentation de l’armement (CEDOCAR) : pour les Jack Bauer de la recherche uniquement.

 

Vais-je finir ma thèse cette année ? Vu le temps passé sur ce blog, ta cote est en baisse, mais pour évaluer plus précisément tes chances, explore la Bibliothèque du Laboratoire des probabilités de Jussieu


 

Que se passera-t-il si je ne finis pas ma thèse cette année ? Tu seras au chômage, sans doute, comme moi. Mais ne t’en fais pas, j’ai tout prévu pour notre reconversion : retrouve-moi à la Bibliothèque de l’Institut national d’études du travail et d’orientation professionnelle (INETOP).

 

Puis-je oublier mon malheur ? Oui, tu le peux. Viens passer tes vacances BnF à la Bilipo. Tu verras, on y est bien. Sinon, pour oublier, tu peux aussi comme moi essayer d'être pris à l'Université de Bourgogne comme ATER cette année, et y passer ton temps à boire le nectar des livres spiritueux de la Bibliothèque de l’Institut universitaire de la Vigne et du Vin – Jules Guyot. J'ai échoué pour ma part, mais tente quand même le coup, tu auras peut-être plus de chance que moi.


 

Voilà, voilà. Ce blog s’achève donc ici, en tout cas sous sa forme actuelle, intensive et quotidienne. Je le reprendrai peut-être de temps à temps, à la rentrée, mais cela reste à voir. Pour ceux que mes salades intéresseraient encore, vous pouvez toujours vous inscrire à la newsletter pour être tenu au courant d’éventuelles rechutes ; ou me retrouver sur facebook, où je vous tiendrai au courant des nouvelles aventures scientifico-bloggeuses qui attendent bientôt Do you BnF…

 

Quant à mon identité…J'ai finalement décidé de rester dans l’ombre. D’abord parce qu’on a une conquête du Rez-de-Jardin à mener, Jojo et moi, et que ça se passera mieux dans la clandestinité. Ensuite, parce que le mystère, eh ben, c'est bien. Et surtout, parce que Jojo m'a convaincu (en un seul mot) de ne pas dévoiler mon identité, sous peine d'ôter toute raison d'être aux beaux badges de nos camarades de la Soc Team…ce qui serait bien dommage. "Mais qui est Do you BnF ?" restera donc une question sans réponse. Mais chercher sans trouver et poser des questions sans simplifier les réponses : n'est-ce pas là finalement l'essence et la beauté de la recherche ? Merci à eux en tout cas, et à vous tous. N’hésitez pas à poursuivre ce blog par d’autres moyens et sous d’autres formes, je suivrai cela avec plaisir. Depuis le Rez-de-Jardin, évidemment.

 

Je vous laisse avec un bouquet d’images final puisque, comme tous les samedis, c'est photographie. Merci à mon ami F. pour son œil averti de Doisneau BnF.

 

 

A bientôt peut-être…

 

 

IMG_0285.JPGIMG_0257.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMG_0270.JPG

 

 

IMG_0281.JPG

 

IMG_0277.JPG

 

IMG_0282.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IMG_0267.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Do you
commenter cet article
3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 19:24

 

 

Aujourd'hui à la BnF...

 

Nos camarades agents de salle, du côté des sciences humaines (salles L et M, c'est bien ça?), posent une question pressante :

 

Copie-de-badge.jpg

 

 

(pour ceux qui n'ont pas tout suivi, voir les commentaires du billet d'hier)

 

 

Je tiens d'abord à les remercier pour leur curiosité, un fort beau défaut si vous voulez mon avis, et surtout pour leur créativité badgesque qui les honore, et qui m'émeut aussi quand même un peu, je dois l'avouer.

 

Du coup, je vais passer une longue nuit blanche à me demander si je fais mon coming-out doyoubéhénéfien ou pas, demain, pour le dernier jour de la saison. Suspense insoutenable...

 

A demain !

Repost 0
Published by Do you BnF ? - dans Agents Anonymes
commenter cet article