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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 18:00

 

Hier à la BnF…

 

 

Avouons-le tout de go : j’ai merdé.

 

Pourtant, tout avait bien commencé. J’avais planifié une belle et grande journée de travail, comme à l’accoutumée, vivifié que j’étais par les bourrasques amènes, et désormais familières, du parvis d’arrivée, notre esplanade aux cheveux fous et à la jupe apesanteur. Quelque menu désagrément d’entrée (descente par la face ouest interdite hier, pour cause de grève justifiée) n’avait pu entamer mon entrain et j’avais profité de l’occasion offerte d’un long tour de cloître BnF pour admirer, l’œil presque neuf et vus d’en haut, l’Eden central et ses arbres à tenseurs. Sas agréable avant la plongée ! Quelques pages d’écritures actuelles, rapidement feuilletées à l’espace librairie du vestiaire est, et un deuxième tour de cloître en sens inverse et à raz de jardin plus tard, me voici attablé, prêt à en découdre. Il est quatorze heures et trente-six minutes, la journée du thésard peut démarrer.

 

Illusion ! C'est à ce moment précis que, ressentant comme un engourdissement qui montait et se diffusait lentement, mais inexorable, depuis les omoplates et auquel tout à coup répondait, comme en écho, la même chaleur pressante émanant cette fois-ci de mon lobe temporal, je ne pus faire autrement que de m’affaler sur ma table, terrassé. J’eus presque le temps de penser « Dodo Doyou, mais pas longtemps », et puis je m’endormis.

 

Inutile de vous faire un dessin. Le Doyou vautré sur sa table, tête et joues écrasée sur l’avant-bras, un léger filet de bave lui coulant de la commissure droite au bout de quelques minutes : la honte, quoi. J’imagine a posteriori mes pauvres voisins de tablée frémir à chaque inspiration, redoutant l’apparition si prévisible du terrible ronflement du chercheur. Et s’apitoyant un peu quand même. Mais comment Doyou en était-il arrivé là, se demandaient-ils sans doute. Comment ce bourreau de travail, cette force de la nature, capable de rédiger un article en six mois et une thèse en moins de dix ans s’il le faut, s’était-il laissé ainsi prendre au piège sopomorphique ?

 

Ben c'est pas très compliqué, bordel. Comme vous tous, Doyou est caféinomane et c'est ça qui le maintient en vie. (Certaines légendes racontent, il est vrai, qu’il existerait une espèce particulière de chercheurs, disséminée parmi nous, qui aurait réussi après de longues années de recherche en biologie moléculaire et en génétique quantique à modifier son codage ADN afin de pourvoir survivre en milieu hostile sans caféine. Il va sans dire que je n’apporte aucun crédit à cette thèse farfelue).

 

Mais voilà que, ce matin-là, j’avais omis ce détail essentiel dans la préparation sportive de toute descente en Rez-de-Jardin : l’enchaînement pourtant bien intégré qui consiste à ingurgiter une pleine cafetière au réveil, avant de s’envoyer le gobelet de dix heures et de terminer par la grande tasse de treize heure trente. Sans ce quasi litre de café dans le sang, je n’avais aucun espoir de passer la barre fatidique des quatorze heures trente-six, rémora insurmontable pour tout chercheur dans mon état.

 

Je me suis donc réveillé vers dix-huit heures vingt, penaud et langue pâteuse, conscient qu’il était désormais tout à fait inenvisageable de terminer ma thèse ce jour-là. Triste, résigné et tout bâillant encore, je me suis acheminé vers un gobelet de vie du Club des Lettres, délivré par la Café-Machine de substitution (le Café des temps perdus fermant à dix-huit heures).

 

Sur la route, je chantai, pour me redonner du courage, la chanson des décaféinés :

 

 

Couleur café

 

J’ai le teint couleur café

Je manque de café,

Je veux du café !

Je dois me remettre en transe.

Si je veux bien rédiger,

Me faut du musclé,

Du caféiné !

Evitons les somnolences.

 

Couleur café
Que j'aime ta couleur café

C'est quand même fou l’effet

L’effet que ça fait :

Ce p’tit gobelet

Evite que tête ne penche.

Si j’avais plus de café

J’aurais terminé

Cette thèse ratée

Je pourrais dormir dimanche.


Couleur café
Que j'aime ta couleur café

La thèse sans bol de café

C'est désespéré

Faut pas y penser

Allez, reprends donc une tasse !

T’en as marre du café,

Tu pisses du café,

Tu veux t’arrêter ?

Je crois pas que ça se fasse.


Couleur café
Que j'aime ta couleur café

 

 

 

Pour les puristes, et en guise d'hommage à S.G. :

 

 

 

 

(spécialement dédicacé à R.)

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Published by Do you BnF ? - dans Chansons BnF
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commentaires

Pélagie Barbe 01/01/2011 02:59


Caféine! Laissez-moi rire! C'est comme le tabac à priser: antique et désuet.

Aujourd'hui, on carbure aux psycho-stimulants et aux amphétamines, dans les universités! :)


Arthur 18/10/2010 14:19


hier je n'avais pas vu que le camarade ci-dessus avait posté la même chanson que moi (mais sur Dailymotion !)
deux commentaires en tout cas : 1 les esprits de bon sens s'accordent sur les grandes oeuvres 2 la chanson d'Oldelaf est décidément excellente pour mettre la pêche ... parfait pour remplacer un
café ! :)


arthur 17/10/2010 23:03


http://www.youtube.com/watch?v=UGtKGX8B9hU
:)^!


Octopus 17/10/2010 20:10


Doyou, encore un ptit café?
http://www.dailymotion.com/video/x31tfj_le-cafe-oldelaf-et-monsieur-d_music


Do you BnF ? 17/10/2010 21:01



Merci pour ce moment de caféine musicale ! Il a l'air puissant leur café. Va falloir que je m'y mette si je veux finir ma thèse, moi.



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